Nation

Des candidats autrefois relégués au second plan sont désormais en première ligne

Le filtre de l’Autorité indépendante des élections ouvre la voie aux candidats de second rang

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Dans un paradoxe politique illustrant parfaitement le proverbe « Le malheur des uns fait le bonheur des autres », les décisions de l’Autorité nationale indépendante des élections, qui ont écarté des dizaines de députés candidats, ont considérablement renforcé les chances de jeunes candidats et fait pencher la balance en leur faveur.

Alors que ces décisions, fondées principalement sur les articles 1 et 200 de la loi électorale, ont frappé des personnalités influentes disposant d’un important poids électoral, elles ont simultanément ouvert les portes du siège de Zighoud Youcef à de nouveaux visages qui semblaient auparavant n’avoir que très peu de chances d’être élus. Beaucoup d’entre eux avaient été inscrits sur les listes comme suppléants ou simplement pour satisfaire aux exigences légales relatives à la composition des listes électorales.

Parallèlement au choc provoqué par les nombreuses exclusions de candidats, justifiées par les célèbres articles 1 et 200 de la loi électorale modifiée, un sentiment de confiance s’est installé chez les candidats retenus. Cette confiance ne reposait pas seulement sur l’autorisation de participer à la compétition électorale, mais aussi sur le fait que leur « casier politique » était considéré comme vierge de tout élément pouvant empêcher leur candidature.

Le franchissement de l’obstacle de l’article 200 et des vérifications sécuritaires n’a pas seulement été perçu comme un « certificat de bonne conduite » pour les candidats admis ; il a également constitué un encouragement moral sans précédent pour les jeunes, qui se sont retrouvés au premier plan de la scène politique.

La vague d’exclusions a transformé la simple candidature en un véritable acquis, alors que lors des précédentes échéances électorales, elle était presque automatique et garantie. Désormais, le fait de passer avec succès le filtre de l’Autorité indépendante des élections est devenu une sorte de « certificat de mérite » pour accéder à la fonction parlementaire, suffisant pour de nombreux candidats même sans obtenir un siège à l’Assemblée.

La voie a été facilitée pour ces jeunes grâce aux conditions strictes imposées par la loi électorale, dont le non-respect entraîne l’invalidation des listes. Parmi les principales exigences figurent l’attribution de 50 % des candidatures aux jeunes, l’obligation que 40 % des candidats soient titulaires d’un diplôme universitaire, ainsi que la garantie d’une représentation effective des femmes. Alors que certains observateurs remettaient en question le réalisme de ces quotas, les considérant comme un simple « décor » destiné à embellir et féminiser le processus électoral, et estimant que les jeunes ne serviraient que de figurants pour légitimer les figures traditionnelles, les événements ont pris une direction inattendue.

Ces jeunes et ces compétences se sont transformés en véritables acteurs de premier plan de cette échéance électorale. Tous ces indicateurs dessinent déjà une image du futur Parlement algérien, en attendant qu’elle soit confirmée par sa performance, sa manière de traiter les projets de loi présentés par le gouvernement, sa capacité à élaborer ses propres propositions législatives, ainsi que son utilisation des mécanismes de contrôle prévus par la Constitution et les lois en vigueur.

Ces jeunes candidats ont d’ailleurs commencé à mettre en avant leurs qualifications académiques et leurs expériences professionnelles sur les réseaux sociaux. Ils conçoivent des affiches de campagne à l’aide de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies de conception graphique, tout en élaborant les grandes lignes du discours qu’ils adresseront à des électeurs qui, pour la plupart, ne les connaissent pas encore.