Après la publication, ce lundi, d’un communiqué commun de l’Union européenne de football (UEFA), de la Confédération asiatique de football (AFC) et de la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF), le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, se retrouve dans une position pour le moins inconfortable.
Dans ce communiqué, qui risque de sérieusement fragiliser la position d’Infantino, les trois confédérations affirment que « le football n’appartient à personne ».
Dans cette lettre ouverte adressée à la famille du football, elles ajoutent : « Il y a du silence là où il devrait y avoir de la responsabilité, et de la distance là où il devrait y avoir de la transparence. Ce ne sont pas les qualités que le football mérite de la part de sa direction. »
Les trois confédérations, opposées au président de la FIFA, n’ont pas été convaincues par la contre-offensive menée mercredi dernier par l’instance mondiale. Celle-ci avait présenté ses « excuses » pour la polémique suscitée par le projet de société commerciale, tout en affichant son « soutien total » à Gianni Infantino à l’issue d’une réunion de crise tenue à Rabat.
Dans le message adressé par la FIFA à ses 211 associations membres, l’instance mondiale « présente cela comme un échec de communication, alors que ce que le football a connu est un échec de jugement », ainsi qu’une « rupture fondamentale de la confiance envers les institutions que la FIFA a été créée pour servir », déplorent l’UEFA, la CONCACAF et l’AFC.
En s’adressant à la « famille du football », profondément divisée dans son interprétation de cette affaire, les trois confédérations cherchent avant tout à dissiper les inquiétudes des fédérations qui sont restées fidèles à Gianni Infantino, notamment celles attirées par les gains financiers promis.
« Il ne s’agit pas d’argent. Les confédérations ont déjà appelé à une répartition responsable des importantes réserves actuelles de la FIFA afin d’accroître davantage les investissements dans le développement des associations membres », ont déclaré les secrétaires généraux et les présidents des trois instances.
Et d’ajouter : « Il s’agit de quelque chose de plus fondamental : l’intégrité du jeu et l’intégrité de ceux qui sont élus pour le diriger (...). Lorsque la confiance est brisée par la tromperie, lorsqu’un individu se place au-dessus du collectif auquel il a été chargé de servir », le devoir de « servir la famille du football » est abandonné.
FIFA : Infantino, ses « pions » et ses relations étroites avec le régime du Makhzen
Dans le sillage de la crise qui secoue la FIFA, de la polémique autour de la dernière Coupe du monde en Amérique du Nord et de la bataille pour l’organisation de la prochaine finale du Mondial entre l’Espagne et le Maroc, la position de son président, le Suisse Gianni Infantino, accusé d’utiliser la principale instance du football mondial à des fins personnelles, ainsi que ses relations étroites avec le régime marocain et son alliance avec Fouzi Lekjaa, présenté comme un proche du roi Mohammed VI, suscitent des réactions de la part de plusieurs fédérations et personnalités du monde du football.
Au milieu de la déception provoquée par le refus catégorique des 55 fédérations membres de l’UEFA d’adhérer à son projet de « privatisation » de l’instance mondiale du football, Infantino a organisé une réunion avec des responsables de la FIFA à Rabat, avant de se rendre auprès de Mohammed VI pour lui présenter ses hommages à l’occasion de la célébration du 27e anniversaire de son accession au trône. Cet événement coïncidait avec l’arrivée massive de migrants marocains en Espagne, l’un des pays coorganisateurs de la Coupe du monde 2030.
Infantino n’a manifesté aucune réaction face à cette attaque, dont les répercussions menacent l’organisation du prochain grand rendez-vous mondial du football.
Bien au contraire, Infantino a déclaré : « Vive le Maroc ! Merci pour votre accueil. » Cette déclaration illustre, selon le texte, la position du responsable suisse, qui compterait sur le soutien du Maroc et de la Confédération africaine de football (CAF), dirigée par Patrice Motsepe, pour éviter une chute retentissante, alors que l’UEFA souhaiterait son départ de la présidence.
De nombreux observateurs de cette affaire estiment qu’il est désormais temps de s’opposer également à Patrice Motsepe, afin de débarrasser la CAF d’un groupe qui, selon eux, ne serait guère différent d’Infantino. Celui-ci serait lui aussi devenu, d’après le texte, un « pion » du régime marocain et une « marionnette » de Fouzi Lekjaa, sur lesquels Infantino compterait pour se maintenir à son poste, au détriment d’un football intègre.
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