Nation

La communauté nationale à l'étranger vote demain : quelles sont ses principales préoccupations ?

El Khabar a recueilli les témoignages des représentants des partis politiques ainsi que du coordinateur de l'Autorité nationale indépendante des élections pour la quatrième circonscription électorale

  • 3
  • 5:59 Min

Le vote pour les élections législatives dans les circonscriptions de la diaspora débutera demain samedi, soit une semaine avant son lancement sur le territoire national. Les futurs élus auront la responsabilité de porter les préoccupations des Algériens établis à l'étranger, confrontés à de nombreuses difficultés et besoins d'ordre administratif, social et stratégique.

Parmi ces circonscriptions figure la quatrième région électorale, qui couvre l'Afrique et les pays du Maghreb. El Khabar a recueilli les témoignages des représentants et mandataires des partis politiques dans cette région, ainsi que du coordinateur de l'Autorité nationale indépendante des élections, afin de faire le point sur les préparatifs du scrutin et sur les attentes de la communauté, qui aspire à une représentation au sein de l'Assemblée populaire nationale capable de relayer ses préoccupations, ses propositions et ses difficultés, tout en accompagnant son évolution ainsi que les orientations des politiques publiques sur le « continent des opportunités ».

Dans ce contexte, Djamel Khediri, candidat du Rassemblement national démocratique (RND), estime que la communauté algérienne établie en Afrique, en particulier dans les pays voisins du Maghreb, constitue un atout stratégique pour l'Algérie et un pont naturel favorisant la coopération et l'intégration entre les peuples africains.

Avocat de profession et installé en Tunisie, il a déclaré à El Khabar qu'au fil de ses contacts avec les membres de la communauté algérienne en Tunisie et dans le reste de l'Afrique, il a relevé plusieurs préoccupations, principalement liées au rapprochement des services consulaires et administratifs, au développement de la numérisation, à l'accompagnement des étudiants, des hommes d'affaires et des compétences algériennes établies à l'étranger, ainsi qu'au renforcement des liens culturels et sociaux avec la mère patrie.

Il a ajouté que les mutations que connaît aujourd'hui le continent africain ouvrent de nouvelles perspectives pour renforcer la présence économique et diplomatique de l'Algérie, faisant ainsi de la communauté algérienne installée en Afrique, notamment dans les pays du Maghreb, un partenaire essentiel de cette orientation. Il a également insisté sur la nécessité d'encourager les échanges économiques et les investissements entre l'Algérie et les pays africains, tout en mettant à profit les compétences algériennes établies à l'étranger.

Selon lui, la communauté algérienne en Tunisie, au Maroc et dans les autres pays africains ne constitue pas seulement une communauté ayant besoin de services et d'assistance, mais représente également une force de proposition et un véritable partenaire dans le renforcement des liens entre l'Algérie et ses espaces maghrébin et africain.

Du côté du Front de libération nationale (FLN), Chakib Djouhri, cadre du parti et directeur de campagne dans la quatrième région, considère que ces élections législatives constituent un rendez-vous majeur au niveau national, en particulier pour la communauté nationale à l'étranger, dont la représentation a été portée cette année à douze sièges.

Dans une déclaration à El Khabar, il a salué le niveau de préparation du scrutin assuré par le coordinateur de l'Autorité nationale indépendante des élections ainsi que par le consulat général d'Algérie à Tunis, depuis la convocation du corps électoral par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Selon ce responsable, la liste du FLN se distingue par une large couverture géographique, avec des candidats résidant dans cinq pays de la région, principalement en Afrique. Cette démarche s'inscrit, a-t-il expliqué, dans la stratégie du parti consistant à accompagner les efforts de l'État en faveur de l'ouverture sur ces pays, considérés comme le prolongement géopolitique naturel et vital de l'Algérie, et à soutenir la politique de coopération et d'échanges engagée avec ces États frères.

Pour sa part, Mohamed Amine Salhi, mandataire du Front El Moustakbal, a indiqué à El Khabar que ses plus de douze années de résidence en Tunisie lui ont permis de constater les conditions difficiles dans lesquelles vivent certains membres de la communauté algérienne, notamment dans les zones rurales enclavées et les quartiers populaires. Selon lui, beaucoup éprouvent des difficultés à trouver un emploi en raison de la courte durée de validité du titre de séjour, limitée à deux ans, ainsi que du coût élevé du passeport, dont la taxe s'élève à 200 dinars tunisiens.

Il a affirmé que ces préoccupations figurent au cœur du programme de son parti, qui plaide pour l'adaptation des mécanismes de relance économique destinés aux jeunes afin d'éviter que le sentiment de marginalisation ne gagne la jeunesse et les élites de la communauté.

Parmi les solutions proposées, Mohamed Amine Salhi a évoqué la réouverture de la Banque algéro-tunisienne, qui existait par le passé, ainsi que le recours aux microcrédits et aux crédits de taille moyenne afin de stimuler l'activité économique au sein de la communauté.

Sur le plan social, il a estimé que les déplacements de proximité organisés par les consulats pour sensibiliser les ressortissants lors des différentes échéances électorales sont devenus indispensables, afin que les citoyens se sentent pris en considération et aient le sentiment de pouvoir compter sur leur pays, l'Algérie.

S'agissant du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Samira Boucetta, tête de liste du parti dans la quatrième région, a indiqué que le mouvement, à travers ses députés et dans le cadre de ce qu'il appelle « l'opposition constructive » au Parlement, a accordé une attention croissante aux préoccupations de la communauté algérienne à l'étranger.

Selon elle, les députés du MSP ont transformé les préoccupations de la diaspora en initiatives de contrôle parlementaire, en propositions législatives et en plaidoyers politiques, notamment à travers des questions écrites et orales adressées au gouvernement concernant la situation des Algériens vivant dans les pays du Maghreb et en Afrique subsaharienne, en particulier sur les questions des services consulaires, de la mobilité et du séjour.

Elle a également présenté plusieurs propositions du MSP en faveur de la diaspora, notamment l'amélioration des services consulaires par la simplification des procédures administratives et le rapprochement de l'administration des ressortissants, en particulier dans les pays où la représentation diplomatique demeure limitée. Le mouvement appelle également à mieux protéger les droits des membres de la communauté en matière de résidence, d'emploi et de protection juridique, face aux difficultés liées au statut légal dans certains pays africains. Il a enfin mis en garde contre la faiblesse de la communication institutionnelle entre l'État et la diaspora dans certaines régions d'Afrique et plaidé pour la mise en place de mécanismes permanents de suivi plutôt que d'interventions ponctuelles.

Au sujet de l'organisation du scrutin, le coordinateur de l'Autorité nationale indépendante des élections pour la quatrième région géographique, Nabil Naka, a affirmé que l'institution joue un rôle central dans la consolidation du processus démocratique en Algérie grâce à une stratégie globale alliant les plus hauts standards d'organisation aux technologies les plus modernes de transformation numérique.

Selon lui, cette stratégie repose sur des plateformes électroniques sécurisées permettant un suivi en temps réel du déroulement du scrutin, afin de garantir l'intégrité et la transparence des élections et d'assurer leur réussite au service des citoyens, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

Nabil Naka a enfin souligné que l'orientation de l'Autorité vers une numérisation complète et une gestion hautement professionnelle dépasse le simple cadre d'une modernisation administrative. Elle traduit, selon lui, un engagement national en faveur de l'instauration d'un environnement électoral moderne, conforme aux normes internationales et reflétant fidèlement la volonté souveraine du peuple algérien.