Nation

La pratique du yoga suscite la colère de l'Association des oulémas musulmans algériens

Dans un long communiqué publié dans la soirée d'hier, à l'occasion du 64ᵉ anniversaire de la Fête de l'Indépendance et de la Jeunesse, l'Association a également mis en garde contre le fléau de la drogue et la prolifération des bandes de quartiers

  • 11
  • 3:50 Min

L'Association des oulémas musulmans algériens a critiqué une activité consacrée au « Yoga Spirit », organisée récemment à Alger par une représentation diplomatique. Dans un long communiqué publié dans la soirée d'hier à l'occasion du 64ᵉ anniversaire de la Fête de l'Indépendance et de la Jeunesse, elle a également alerté sur le fléau de la drogue et la prolifération des bandes de quartiers.

L'association a consacré une page entière de son communiqué à cette activité, affirmant que « l'esprit du yoga », dans son origine historique, n'est pas « un simple ensemble d'exercices physiques ou de mouvements corporels », mais qu'il est né au sein d'un système religieux et philosophique comportant des conceptions spirituelles et doctrinales incompatibles avec la foi islamique.

Sans la citer nommément, l'association semblait faire référence à la deuxième édition de l'événement « Yoga Spirit » organisée par l'ambassade de l'Inde en Algérie au Jardin d'Essai d'El Hamma, dont des images ont été publiées sur la page Facebook officielle de la représentation diplomatique.

Le communiqué emploie des termes particulièrement fermes pour exprimer la position de l'association. Celle-ci appelle à distinguer « les exercices physiques visant uniquement à améliorer la condition physique et la santé » des pratiques « comportant des dimensions doctrinales ou cultuelles, ou véhiculant des slogans, des invocations et des symboles à caractère religieux ».

Elle insiste sur la nécessité de préserver la pureté de la foi et de rester attaché aux constantes religieuses. Tout en rappelant que l'Algérie entretient des relations de respect avec l'ensemble des pays du monde et respecte les particularités culturelles des peuples, elle estime que cela « ne doit pas se faire au détriment de la référence islamique du peuple algérien », qu'elle considère comme l'un des principaux fondements de l'identité nationale et qui bénéficie d'une protection constitutionnelle.

L'association a également appelé les oulémas, les imams, les éducateurs, les journalistes, les créateurs de contenus, les influenceurs et l'ensemble des élites nationales à intensifier leurs efforts de sensibilisation et de réforme afin de renforcer la conscience autour des questions liées à l'identité et aux valeurs nationales.

Elle justifie cette prise de position par « son histoire et sa mission réformatrice », qu'elle affirme porter depuis près d'un siècle, depuis sa création. Elle considère qu'il est de son devoir religieux d'alerter sur ces dangers et d'appeler à les combattre avec sagesse et fermeté, dans le cadre d'une complémentarité entre les institutions de l'État et celles de la société.

De son côté, l'ambassade de l'Inde avait indiqué sur sa page Facebook, le mois dernier, que cette activité sportive s'était déroulée « dans une ambiance dynamique et enthousiaste » sous le thème « Le yoga pour un vieillissement en bonne santé », au Jardin d'Essai d'El Hamma, « avec une vue remarquable sur le Maqam Echahid se dressant majestueusement en arrière-plan ».

Le communiqué revient également sur l'agression du moudjahid Maâmar Cherfi à Tébessa, au cours de laquelle sa fille a été tuée, en la présentant comme un exemple de la dégradation de la sécurité publique. Il dénonce la multiplication des scènes de port d'épées, de couteaux et d'armes blanches, les agressions contre les citoyens dans leurs personnes et leurs biens, ainsi que la propagation de la peur dans les quartiers et sur la voie publique, au point que certains de ces crimes sont désormais commis en plein jour et sous les yeux des passants, une situation qui, selon l'association, ne correspond pas à l'image d'un pays réputé pour sa sécurité et sa stabilité.

À cet égard, l'association appelle les autorités compétentes à sévir avec la plus grande fermeté contre toute personne qui s'en prend aux citoyens, terrorise la population ou coupe les routes. Elle affirme que « les dispositions de la charia instituées par Dieu pour protéger la société et préserver ses intérêts fondamentaux, lorsque leurs conditions d'application sont réunies, permettent d'assurer la justice, de dissuader les criminels et de garantir la sécurité et la stabilité de la population ».

Dans le même temps, elle salue les efforts déployés par les services de sécurité pour traquer ces criminels et mettre fin à leurs agissements.

Enfin, l'association met également en garde contre « les quantités considérables de drogues de toutes sortes, de substances psychotropes et de poisons saisies par les services compétents, la diversification des méthodes de trafic ainsi que l'élargissement du ciblage des jeunes ». Selon elle, ces éléments constituent des indicateurs montrant que l'Algérie fait face à « une offensive féroce et organisée » visant sa principale richesse : le citoyen algérien, et en premier lieu sa jeunesse, considérée comme la force du présent et l'espoir de l'avenir.