Alors que l’attention se tourne vers l’Autorité nationale indépendante des élections pour l’examen administratif et sécuritaire des dossiers de candidature, plusieurs partis politiques influents mènent discrètement des opérations de sélection interne ayant touché de nombreux prétendants, en dehors des seuls critères légaux fixés par la législation électorale.
Au cours de la dernière semaine, des dirigeants de partis ont procédé à ce qui s’apparente à une vaste opération d’écartement de candidats potentiels, sur la base de critères établis par des commissions spécialement créées à cet effet. Dans plusieurs cas, l’avis du secrétaire général est officiellement consultatif, mais demeure en pratique décisif.
À l’inverse, certains partis ont adopté des mécanismes jugés plus démocratiques et ouverts, en soumettant le choix des candidats à la validation collective, voire au vote, comme ce fut le cas au sein des structures locales du Mouvement de la société pour la paix et du Mouvement El-Bina.
Même si les partis ayant opté pour des critères de sélection affirment que les décisions sont prises localement avant validation au niveau central, plusieurs cadres du Front de libération nationale et du Rassemblement national démocratique dénoncent ce qu’ils qualifient de « mise à l’écart systématique ».
Selon des témoignages recueillis dans les partis de la majorité, cette situation s’est traduite, au FLN, par le refus d’accorder une nouvelle chance à plusieurs députés sortants, tandis qu’au RND, des élus actuels ou anciens ont au contraire réussi à conserver une place sur les listes.
Dans les deux cas, les candidats évincés dénoncent des critères parfois soumis aux préférences personnelles des membres des commissions, au détriment des mécanismes fondés sur la compétence, la représentativité ou la concertation.
Des sources partisanes évoquent également la constitution de listes respectant formellement les exigences légales, mais contournant leur esprit, notamment concernant la représentation des jeunes. Selon ces mêmes sources, certains jeunes peu influents auraient été intégrés uniquement pour satisfaire aux quotas imposés, tandis que des profils jeunes plus actifs et visibles auraient été écartés.
Dans les milieux politiques, des discussions portent aussi sur le retour de personnalités disposant d’importants moyens financiers ou d’influence locale dans plusieurs circonscriptions électorales, au moment où de jeunes candidats porteurs d’idées de changement peinent à s’imposer. Cette situation contraste avec les appels du président Abdelmadjid Tebboune en faveur d’une plus grande ouverture envers la jeunesse et de l’éloignement de l’argent sale de la vie politique.
Certaines formations ont néanmoins développé leurs propres mécanismes de sélection. Le Mouvement El-Bina a ainsi soumis ses listes de candidats à l’approbation de son Conseil consultatif. De son côté, le parti Talaie El Hourriyet affirme avoir privilégié les critères de compétence et de qualification académique, en ciblant principalement des élites et des personnalités reconnues dans la société.
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