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Législatives : partis et listes indépendantes dans une course contre la montre

Les exigences de constitution des listes ne se limitent pas à la collecte de signatures, car la loi impose également le respect de plusieurs équilibres au sein des listes électorales

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À moins d’une semaine de la date limite de dépôt des dossiers de candidature pour les prochaines élections législatives, les partis politiques et les listes indépendantes accélèrent le rythme afin de finaliser la collecte des formulaires requis et de satisfaire aux conditions légales, notamment celles liées aux quotas de jeunes, de femmes et de diplômés universitaires.

Ces derniers jours, les sièges de plusieurs partis connaissent une activité intense pour compléter les dossiers et réunir le nombre de signatures exigé, en particulier pour les partis non représentés au Parlement et les listes indépendantes, dans une véritable course contre la montre avant l’échéance fixée au 16 mai par l’Autorité nationale indépendante des élections.

Dans ce contexte, plusieurs formations politiques ont annoncé une intensification de leur travail de terrain, à travers l’ouverture de permanences quotidiennes, l’organisation de campagnes de collecte de signatures dans les communes et les wilayas, ainsi que la mobilisation de candidats remplissant les conditions requises.

Le parti Rassemblement National Démocratique a notamment annoncé avoir déposé 54 listes à travers le territoire national. Son secrétaire général, Mondher Bouden, a indiqué que ces listes ont été établies selon des critères stricts, intégrant des jeunes et des compétences universitaires issues de différentes catégories sociales.

De son côté, le mouvement Mouvement de la Société pour la Paix poursuit la préparation de ses listes. Son vice-président, Ahmed Saadouq, a affirmé que le parti compte se présenter dans l’ensemble des wilayas et que les structures locales ont jusqu’au 15 mai pour finaliser les candidatures.

Cependant, certaines formations politiques dénoncent des difficultés dans la certification des signatures et la collecte des formulaires. Un responsable du parti Parti des Travailleurs, Youssef Tazibt, a évoqué des contraintes logistiques initiales, notamment le manque d’instructions claires dans certaines communes, ce qui a ralenti le processus et suscité le mécontentement de citoyens contraints de se déplacer à plusieurs reprises.

Selon lui, la situation s’est améliorée après environ trois semaines, permettant d’avancer dans plusieurs wilayas, mais des retards ont particulièrement affecté la capitale en raison des exigences élevées en matière de signatures, ainsi que d’une certaine démobilisation citoyenne.

D’autres partis, comme Jil Jadid, dénoncent également des obstacles administratifs et un manque de facilitation dans la certification des formulaires, certains citoyens exprimant des réticences liées à la fourniture de données personnelles.

En parallèle, plusieurs responsables politiques estiment que l’exigence de collecte de signatures constitue une charge lourde pour les partis, en particulier ceux non représentés au Parlement ou ayant boycotté les précédents scrutins.

La loi électorale impose en effet la collecte de 150 signatures par siège dans chaque circonscription, ce qui représente, par exemple, près de 6 000 signatures à Alger, en tenant compte des suppléants et des formulaires rejetés.

Par ailleurs, l’Autorité nationale indépendante des élections rappelle que les coalitions partisanes ne peuvent pas être utilisées pour mutualiser les résultats afin d’atteindre le seuil légal, chaque parti étant évalué individuellement.

Les listes indépendantes sont soumises aux mêmes obligations de collecte de signatures, avec des ajustements pour les circonscriptions de la diaspora.

Enfin, la loi impose également des équilibres internes obligatoires : au moins un tiers de femmes, une forte représentation des jeunes de moins de 40 ans, ainsi qu’une proportion de candidats diplômés. Chaque liste doit également dépasser le nombre de sièges à pourvoir afin de prévoir les cas de vacance ou de désistement.

Les partis déjà représentés au Parlement, comme le Front de Libération Nationale et le Rassemblement National Démocratique, échappent à l’obligation de collecte de signatures grâce à leurs résultats électoraux ou à leur présence institutionnelle, mais font face à un autre défi : la sélection des candidats, en raison du grand nombre de candidatures internes.

De son côté, l’Autorité nationale indépendante des élections poursuit ses préparatifs, notamment à travers des visites de terrain dans les nouvelles wilayas afin de vérifier la disponibilité des structures chargées de recevoir les dossiers et d’organiser le scrutin.