Avec les premières averses de l’automne et le début de la saison des pluies, certaines questions reviennent régulièrement : « Les réseaux d’évacuation des eaux peuvent-ils absorber d’importantes quantités d’eau en peu de temps ? », « A-t-on éliminé les points qui, lorsque les pluies s’intensifient, se transforment en pièges pour les véhicules et les piétons ? », et « Les oueds et les cours d’eau font-ils l’objet d’une surveillance avant de se transformer en couloirs pour les crues ? ».
Ces questions s’imposent au début d’une saison généralement marquée par des perturbations météorologiques, au cours de laquelle une courte période de pluies orageuses peut rapidement révéler les points faibles des infrastructures urbaines, comme cela s’est produit il y a quelques jours à Tébessa, Bou Saâda, M’Sila et ailleurs. Les habitants ont alors commencé à évoquer le danger lié aux quantités de pluie, à la manière dont elles s’accumulent et sont évacuées, ainsi que le degré de préparation des routes, des infrastructures et des réseaux d’assainissement pour faire face à un afflux soudain d’eau.
Avant l’intensification de la saison des pluies, les autorités interviennent sur plusieurs fronts. Les préparatifs commencent par le nettoyage des avaloirs et des canaux d’évacuation des eaux pluviales, l’enlèvement de la terre et des déchets qui entravent l’écoulement de l’eau, l’inspection des points bas, ainsi que la surveillance des oueds et des ouvrages situés sur leur parcours. Les services de la Protection civile revêtent également une importance particulière, puisqu’ils figurent parmi les premiers intervenants lorsque les eaux encerclent les habitations, inondent les routes ou emportent des véhicules.
Lorsque les pluies se transforment en lourde facture
Derrière les eaux et les inondations qui recouvrent les routes se cache une facture qui peut être lourde : des voitures endommagées ou emportées, des maisons et des commerces infiltrés par les eaux, du mobilier et des équipements détériorés, ainsi que des routes et des infrastructures publiques nécessitant des réparations. Il y a même des pertes humaines, des personnes emportées par les crues des oueds, comme cela s’est récemment produit dans l’extrême sud, lorsque des automobilistes ont été surpris par la rapidité du débit des eaux.
Les inondations perturbent également l’activité quotidienne des villes : la circulation est paralysée, les transports accusent des retards, certaines activités commerciales s’arrêtent et les habitants de quartiers entiers se retrouvent confrontés à des difficultés de déplacement. Dans les cas les plus graves, les dégâts peuvent entraîner l’interruption de certains équipements et services, qui nécessitent du temps et des ressources avant de retrouver leur fonctionnement normal.
Les experts en aménagement soulignent que la lutte contre les inondations ne devrait pas se transformer en course contre la montre après le début des précipitations. La véritable prévention commence par l’identification des zones les plus vulnérables et des points noirs, ainsi que par la correction des dysfonctionnements avant qu’ils ne se transforment en accident.
C’est là qu’apparaît l’importance de ce que l’on pourrait appeler une « carte des risques » au sein de la ville, en cherchant à répondre aux questions suivantes : « Où l’eau s’accumule-t-elle ? Où se trouvent les points d’obstruction ? Quelles routes deviennent impraticables lorsque le niveau de l’eau monte ? Et quels sont les quartiers proches des cours des oueds ? » Répondre à ces questions à l’avance permet d’orienter les moyens vers les endroits qui en ont réellement besoin, plutôt que d’attendre que le problème survienne avant de chercher une solution.
L’automne… un test pour la préparation
Chaque saison des pluies constitue un nouveau test pour les villes. Des dizaines de jours peuvent s’écouler sans incident, puis une seule tempête suffit à révéler si les préparatifs ont atteint l’objectif escompté. La véritable réussite dans la lutte contre les inondations consiste à faire en sorte que l’eau atteigne son écoulement naturel, que les réseaux d’évacuation restent dégagés, que les équipes d’intervention sachent où, quand et comment agir, et que le citoyen ne se retrouve pas face à une situation dépassant les capacités d’intervention sur le terrain.
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