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Les raisons de la rupture diplomatique entre Alger et Abou Dhabi

Parmi les principales raisons, des « ingérences flagrantes dans les affaires intérieures »

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L’ancien ambassadeur Amar Belani a indiqué que la rupture des relations diplomatiques annoncée aujourd’hui par le gouvernement algérien avec les Émirats arabes unis est l’aboutissement de plusieurs années « d’agressions déguisées sous couvert de diplomatie », et d’une « accumulation de faits face auxquels l’Algérie a longtemps choisi de garder le silence, par sens des responsabilités et souci de ne pas aggraver davantage les fissures au sein du monde arabe ».

Le diplomate, qui a été ambassadeur dans plusieurs pays, dont la Turquie en dernier lieu, et également porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères avant de prendre sa retraite, est revenu sur plusieurs pratiques et comportements ayant conduit à cette décision. Il a notamment rappelé une précédente contribution intitulée « Les Émirats, un État incendiaire et prédateur qui prospère sur le chaos », dans laquelle il avait exposé ce qu’il qualifiait de « méfaits de ce petit État en Afrique et dans notre région ».

L’ancien porte-parole des Affaires étrangères a énuméré les agissements d’Abou Dhabi, au premier rang desquels des « ingérences flagrantes dans les affaires intérieures », à travers un soutien effectif et public au mouvement « MAK », mouvement séparatiste classé comme organisation terroriste. Il est même « allé jusqu’à l’inviter à des tribunes internationales, ce qui constitue de fait une reconnaissance accordée à ceux qui appellent à la partition de notre territoire national ».

Dans le même temps, poursuit-il dans une publication sur sa page Facebook, l’État du Golfe a offert refuge et protection à des criminels en fuite de la justice algérienne, transformant son territoire en refuge sûr pour des personnes recherchées pour des faits de détournement et de pillage de deniers publics.

Parmi les facteurs ayant motivé cette décision figure également, selon le diplomate, le soutien actif aux objectifs offensifs de l’axe Rabat-Tel-Aviv. Un soutien qui ne s’est jamais limité à un simple rapprochement diplomatique formel, mais s’est traduit par des mesures « opérationnelles concrètes, telles que des contrats de vente d’armes visant à renforcer les capacités militaires marocaines, une coopération étroite dans le domaine du renseignement et la facilitation du transfert de technologies à usage militaire ».

Les accords dits d’Abraham constituent également l’un des facteurs, selon le diplomate, dans le cadre desquels les Émirats et le Maroc ont normalisé leurs relations avec l'entité sioniste, au mépris total de la cause palestinienne.

Depuis lors, Rabat, Abou Dhabi et Tel-Aviv partagent un axe d’intérêts sécuritaires communs, ce qui explique, ajoute Belani, le caractère opérationnel qui marque désormais leur soutien mutuel, au détriment de la stabilité de l’Algérie.

Plus grave encore, selon l’analyse de l’ancien diplomate, « l’intervention des Émirats au cœur de notre profondeur stratégique dans la région du Sahel », une région vitale pour la sécurité nationale algérienne. Cette intervention passe par la volonté de neutraliser l’influence traditionnelle de l’Algérie dans cette région, en tissant des relations avec des acteurs régionaux afin de renforcer la position marocaine aux frontières sud du pays.

Enfin, l’ancien ambassadeur a évoqué des éléments relevant du contexte bilatéral, soulignant que plusieurs projets réalisés entre les deux pays avaient été présentés comme des partenariats économiques, alors qu’ils constituaient en réalité des instruments de détournement, alimentant des réseaux opaques où les intérêts privés se mêlaient à des opérations de pillage au détriment de l’intérêt national.