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Activité militaire à l’étranger : les enjeux sécuritaires au cœur des consultations parlementaires

Dans le contexte d’une série de visites, de développements et de décisions

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De nombreux indices et discussions dans les couloirs des deux chambres du Parlement, ces deux derniers jours, convergent vers un consensus sur la nécessité de justifier toute forme d’activité militaire à l’étranger, dans un contexte d’adaptation aux recompositions de la carte « géosécuritaire » autour de l’Algérie et dans son espace vital.

Le premier de ces indices, même s’il n’aborde pas directement la question, est la programmation, pour demain, de deux séances des deux chambres du Parlement, ainsi que les interprétations et les fuites qui les entourent, établissant un lien entre cet événement parlementaire et les derniers développements de la situation au Sahel, ainsi qu’avec les manœuvres de certaines puissances extérieures à la région.

Il est également impossible de dissocier la session extraordinaire des deux chambres du Parlement des activités, des ententes et des accords officiels conclus auparavant entre l’état-major de l’armée et les autorités politiques et militaires du Niger. Il faut également tenir compte de la mission menée par des unités de l’armée à la demande de Niamey, ainsi que du don accordé par l’Algérie au Niger, composé de quatre hélicoptères. À travers cette démarche, l’Algérie a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses efforts « en vue de renforcer la sécurité et la stabilité dans la région ».

Le ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général d’armée Saïd Chanegriha, a reçu mercredi dernier le général d’armée Salifou Mody, ministre de la Défense du Niger. Il s’agit de la deuxième visite de ce dernier en Algérie en l’espace de quelques jours.

Le ministère algérien de la Défense nationale a indiqué que les deux parties avaient signé un protocole d’accord dans le domaine de la coopération militaire, afin de « renforcer les mécanismes de coopération militaire bilatérale, de relever les défis qui se posent et d’y faire face avec l’efficacité et l’engagement requis ».

Les deux séances parlementaires s’inscrivent dans cette même dynamique. Il est probable que les deux chambres soient associées à cette démarche et de nouveau sollicitées si les autorités estiment nécessaire d’adopter une nouvelle approche dans la gestion des questions de sécurité régionale.

Des sources d’El Khabar indiquent que ces démarches reposeraient sur des justifications concrètes et des plans mûrement réfléchis, imposés par les réalités du terrain. Ces dernières auraient été examinées, analysées et évaluées sur le plan opérationnel. Elles devraient être soumises à un cadre constitutionnel, notamment à la consultation du Parlement en sa qualité de représentant du peuple, conformément à l’article 91 de la Constitution.

Dans les milieux politiques et partisans, le débat s’articule autour de l’idée que l’envoi d’unités de l’armée à l’étranger peut être justifié, notamment par la nécessité de « suivre les mutations sécuritaires et régionales » et d’« adapter la politique de défense aux nouveaux développements », compte tenu de « l’extension du champ des menaces transfrontalières, de la multiplication des conflits au Sahel et en Afrique, ainsi que de la propagation du terrorisme, de la criminalité organisée et du trafic d’armes et de drogues ».

Cette orientation repose également sur la nécessité de protéger les intérêts vitaux et stratégiques du pays, en adoptant « une approche sécuritaire préventive qui tient compte de l’interdépendance entre la sécurité nationale et les évolutions sécuritaires dans l’environnement régional et international ».

L’Algérie n’intervient militairement à l’étranger que dans le but de « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité internationales », conformément à ses engagements internationaux et régionaux, notamment dans le cadre des Nations unies, de l’Union africaine et de la Ligue arabe.

L’ancien diplomate et porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ammar Belani, n’a pas exclu ce qu’il a qualifié d’« engagement militaire plus large au Niger », face à une stratégie de déstabilisation régionale à laquelle participeraient activement les Émirats arabes unis, le Maroc et l’entité sioniste, ainsi que certaines parties françaises.

Selon une publication de Belani diffusée aujourd’hui sur Facebook, ces manœuvres hostiles viseraient à affaiblir le gouvernement de Niamey, voire à le renverser, et, par conséquent, à entraver le retour de l’Algérie dans son espace naturel ainsi que la réalisation du projet de gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger.

Pour le diplomate, « la persistance de l’instabilité à Niamey menace directement les intérêts algériens dans les domaines de la sécurité et du développement », une analyse qui rejoint la conception de la sécurité nationale dans ses nouvelles dimensions et implications.

Sur le plan militaire, Belani étaye son analyse par la livraison de quatre hélicoptères militaires au Niger au mois d’août, ainsi que par l’envoi, le 30 du même mois, de quatre avions de combat Sukhoï Su-30, suivis ultérieurement d’avions de soutien, dans le cadre d’une mission menée à la demande de Niamey.

Si ces séances doivent porter sur l’autorisation d’un engagement militaire à l’étranger, comme l’indique le diplomate, elles ouvriront la voie à une présence algérienne plus structurée au Niger, voire au-delà.

À cet égard, l’article 91 de la Constitution stipule que le président de la République décide de l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire à l’étranger après approbation des deux tiers des membres de chacune des deux chambres du Parlement.

De telles décisions traduisent une conception élargie de la sécurité nationale, qui ne se limite plus à la protection et à la défense des frontières, mais englobe également le suivi des dynamiques et des stratégies susceptibles de porter atteinte aux intérêts du pays, même lorsqu’elles se déploient à des centaines de kilomètres.