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Quelques recommandations pour les candidats au baccalauréat

À quelques heures du début des épreuves.

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Par Mohamed Tachaabount

Des centaines de milliers d’élèves se présenteront, demain dimanche, aux épreuves du baccalauréat, un examen que l’on peut qualifier de décisif. À mesure que l’échéance approche, l’inquiétude et le stress gagnent de nombreux candidats et leurs parents. Dans la société algérienne, le baccalauréat est considéré comme le diplôme le plus important. Pour la majorité des familles, il constitue une source de fierté, tandis qu’un échec est souvent vécu comme une grande déception par les candidats et leurs proches. Pour faire face à cette situation, le candidat a besoin d’adopter des démarches, des comportements et des réflexes lui permettant de surmonter son stress et d’aborder l’examen avec confiance, en s’appuyant sur ses capacités pour réussir.

La préparation psychologique et la disponibilité mentale figurent parmi les facteurs les plus importants de la réussite au baccalauréat. Il n’est pas rare de voir des élèves brillants tout au long de l’année scolaire obtenir des résultats inférieurs à leurs attentes lors de l’examen final. Parmi les causes évoquées, les facteurs psychologiques reviennent fréquemment : précipitation, peur, pression exercée par les parents, au point de provoquer chez certains candidats des symptômes tels que des maux de tête, des douleurs d’estomac, des nausées, un sentiment de découragement, des difficultés de concentration, des troubles de la mémoire, ainsi que des tensions et tremblements musculaires. Tous ces éléments nuisent à la réussite et doivent être évités afin d’aborder l’examen dans les meilleures conditions.

Comment se préparer à l’examen et éviter ces difficultés ?

Certaines recommandations concernent des pratiques à adopter avant l’examen, tandis que d’autres sont à appliquer pendant les épreuves.

Avant l’examen

Le candidat doit respecter plusieurs habitudes simples mais très efficaces :

·         Avoir confiance en soi et renforcer les pensées positives.

·         Se reposer suffisamment et bénéficier d’un sommeil de qualité.

·         Adopter une alimentation équilibrée riche en calcium et en phosphore.

·         Pratiquer une activité physique et des exercices de respiration profonde.

·         Éviter les excitants tels que le café, les stimulants et le tabac.

·         Visiter le centre d’examen avant le jour des épreuves afin de s’y familiariser.

·         Éviter de réviser la veille de l’examen, car cela augmente le stress et l’anxiété.

Le jour de l’examen

·         Se lever tôt pour éviter d’arriver en retard au centre d’examen.

·         Vérifier que tous les documents et outils nécessaires sont prêts, notamment la convocation et la carte nationale d’identité.

·         Entrer dans la salle d’examen avant l’heure prévue.

·         Effectuer plusieurs respirations profondes (inspiration et expiration) afin de réduire la tension.

·         Se concentrer sur des pensées agréables, par exemple en imaginant un objectif ou un projet que l’on souhaite réaliser.

Comment aborder les sujets d’examen ?

Pendant l’épreuve, le candidat doit garder à l’esprit plusieurs règles essentielles :

·         Lire les questions plusieurs fois afin d’identifier le sujet qu’il maîtrise le mieux.

·         En cas de stress lors de la lecture des questions, refaire plusieurs exercices de respiration profonde.

·         Après avoir lu les questions et choisi le sujet, classer les questions de la plus simple à la plus difficile et commencer immédiatement par celles qui semblent les plus accessibles.

Il est également conseillé au candidat de :

·         Ne pas se précipiter ni se laisser impressionner en voyant ses camarades commencer ou terminer leurs réponses avant lui.

·         Répartir son temps en fonction de la difficulté des questions.

·         Répondre à toutes les questions sans laisser de blancs.

·         Éviter toute forme de fraude ou de tentative de fraude ainsi que tout contact avec les autres candidats dans la salle.

·         Utiliser la totalité du temps imparti et éviter de quitter la salle trop tôt. Si les réponses sont terminées avant la fin de l’épreuve, relire plusieurs fois la copie afin de vérifier que toutes les questions ont bien été traitées.

·         Vérifier que le nom, le prénom et le numéro d’inscription sont correctement inscrits en haut de la copie et ne pas oublier de signer à l’endroit prévu.

·         Soigner son écriture afin de faciliter le travail des correcteurs.

Après avoir quitté la salle, il est préférable de ne pas s’attarder sur les réponses données ou sur les erreurs éventuelles, mais de se concentrer sur l’épreuve suivante.

Enfin, il faut garder à l’esprit que les sujets d’examen sont directement liés aux cours dispensés durant l’année scolaire et qu’ils ne sont pas plus difficiles que les exercices déjà traités en classe. Une préparation normale et régulière suffit à donner toutes les chances de réussir.

Comment analyser un sujet d’examen ?

·         Lire attentivement et comprendre le texte ou le support proposé.

·         Se rappeler que bien comprendre une question représente déjà la moitié de la réponse, et parfois même la réponse entière.

Utilisation du brouillon

·         Commencer par répondre aux questions les plus simples en tenant compte du temps disponible. Il ne faut pas s’obstiner sur une question difficile ; en cas de blocage, il est préférable de passer à une autre puis d’y revenir plus tard.

·         Relire les réponses rédigées au brouillon avant de les recopier sur la copie officielle afin de corriger d’éventuelles erreurs.

Rédaction sur la copie officielle

·         Respecter l’ordre des questions pour éviter d’en oublier.

·         Écrire clairement, car la copie est destinée à être lue et évaluée par une autre personne.

Dernières recommandations

·         Ne pas quitter la salle avant la fin de l’épreuve.

·         Se concentrer uniquement sur les questions et ne pas se laisser distraire par ce qui se passe dans la salle ou dans le centre d’examen.

·         En cas de stress ou d’anxiété, prendre quelques instants pour respirer calmement, se détendre puis reprendre le travail.

La tricherie: un crime passible de 15 ans de prison

Les candidats reconnus coupables de fraude lors des examens officiels risquent une exclusion des examens pendant plusieurs années. Dans certains cas, ils peuvent également faire l’objet de poursuites judiciaires pouvant conduire à une qualification criminelle punie de 15 ans de prison ferme et d’une amende pouvant atteindre 15 millions de dinars.

Les consignes figurant sur les convocations interdisent l’introduction de plusieurs objets et moyens de communication dans les salles d’examen. Les candidats sont avertis que le simple fait de les transporter constitue une tentative de fraude, même s’ils ne sont pas utilisés.

Alors qu’autrefois la fraude consistait principalement à introduire discrètement des notes ou des documents, elle a évolué avec le développement technologique. Les téléphones portables ont d’abord servi à stocker des cours ou des photographies de manuels, avant d’être utilisés pour communiquer avec des personnes extérieures capables de fournir les réponses. Avec l’essor d’Internet et des réseaux sociaux, les pratiques se sont encore développées, conduisant les autorités à suspendre temporairement Internet pendant les épreuves du baccalauréat, notamment après le scandale des fuites de sujets de la session de juin 2016, qui avait nécessité la réorganisation de plusieurs épreuves.

Les objets interdits doivent être déposés dans les espaces prévus à cet effet dans les centres d’examen. Leur présence dans la salle est assimilée à une tentative de fraude et expose le candidat aux mêmes sanctions qu’un fraudeur pris en flagrant délit.

La fraude ne se limite pas à l’introduction d’objets interdits ou à l’utilisation de documents. Tout échange ou communication avec d’autres candidats pendant l’épreuve est également interdit, y compris pour demander un simple stylo ou un autre matériel.

Comment une tricherie est-elle traitée dans un centre d’examen ?

Lorsqu’un cas de fraude est constaté, les surveillants interrompent immédiatement le candidat et informent le chef de centre. Le candidat est invité à signer un document appelé « reconnaissance de fraude ». S’il refuse, le témoignage des surveillants suffit à engager la procédure.

Le candidat est alors exclu de l’épreuve et remis aux services de sécurité présents dans le centre.

Les poursuites reposent sur des preuves matérielles. Tous les moyens utilisés pour frauder – notes, documents, téléphones, cartes SIM, dispositifs Bluetooth ou autres équipements – sont saisis. Un rapport est établi par le chef de centre et les surveillants, puis transmis avec les pièces à conviction aux structures chargées du traitement des examens avant d’être adressé à l’Office national des examens et concours.

Le législateur algérien a durci les sanctions

Face à la multiplication des cas de fraude, le législateur algérien a renforcé l’arsenal juridique en modifiant le Code pénal par la loi n°20-06 du 28 avril 2020.

L’article 253 bis 6 prévoit une peine d’un à trois ans de prison et une amende de 100 000 à 300 000 dinars pour toute personne diffusant ou divulguant les sujets ou les réponses des examens avant ou pendant les épreuves.

L’article 253 bis 7 porte la peine à cinq à dix ans de prison et une amende de 500 000 à un million de dinars lorsque les faits sont commis par des personnes chargées de préparer, organiser ou encadrer les examens, ou lorsqu’ils sont réalisés en groupe ou au moyen de systèmes informatiques ou de moyens de communication à distance.

Enfin, l’article 253 bis 8 prévoit jusqu’à 15 ans de prison et une amende pouvant atteindre 15 millions de dinars lorsque les actes de fraude entraînent l’annulation totale ou partielle d’un examen ou d’un concours.

La loi prévoit également des peines complémentaires, telles que l’interdiction d’exercer certaines fonctions publiques, la confiscation des équipements utilisés, la fermeture de sites internet ou de comptes électroniques impliqués dans les infractions, voire la fermeture des locaux ayant servi à leur commission.