Le processus engagé par l'Algérie pour renforcer la transparence et lutter contre toutes les formes de criminalité financière ne s'arrêtera pas avec son retrait de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI). Si cette décision revêt une importance majeure, elle apparaît avant tout comme l'aboutissement logique d'une série de réformes structurelles menées par le gouvernement sous la supervision directe du président de la République. Ces réformes visaient à doter le pays d'un arsenal législatif et réglementaire garantissant la transparence, définissant clairement les responsabilités et favorisant un climat économique équitable pour l'ensemble des opérateurs.
Dans cette dynamique, les autorités poursuivent la mise en œuvre de mesures concrètes destinées à approfondir les réformes, éliminer les pratiques illicites et en prévenir les causes. Lors du premier Conseil des ministres tenu après l'annonce du retrait de l'Algérie de la liste grise du GAFI, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné au ministre des Finances et au ministre de la Justice d'appliquer les textes avec la plus grande fermeté afin d'empêcher toute irrégularité dans les transactions financières et de préserver un haut niveau de vigilance et de transparence.
Parallèlement, le gouvernement mobilise l'ensemble de ses départements ministériels autour de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption, qui s'étend jusqu'en 2027. Cette démarche s'est traduite par la première réunion de la sous-commission chargée du suivi et de l'évaluation de sa mise en œuvre, notamment des 21 mesures réparties autour de quatre objectifs stratégiques.
Interrogé par El Khabar, l'expert en économie Houari Tighersi estime que la poursuite des réformes constitue désormais le véritable enjeu. Selon lui, la sortie de la liste grise ne marque pas la fin du processus, mais le début d'une étape plus déterminante consistant à préserver les acquis obtenus.
Le spécialiste souligne que les priorités portent désormais sur la poursuite de la numérisation du secteur financier et bancaire, la généralisation des moyens de paiement électroniques, la réduction de l'économie informelle, le renforcement de l'inclusion financière, le développement des mécanismes de contrôle préventif des flux financiers ainsi que l'amélioration du niveau de conformité au sein des banques et des établissements financiers.
Pour Houari Tighersi, cette reconnaissance internationale du succès des réformes financières et bancaires engagées ces dernières années doit servir de levier pour accélérer la modernisation de l'économie nationale. Elle renforce la confiance dans le système financier algérien, améliore l'image du pays auprès des investisseurs et des institutions financières internationales, favorise l'attraction des capitaux, le financement des grands projets et le développement des exportations hors hydrocarbures. Toutefois, précise-t-il, la véritable portée de cette réussite dépendra de la capacité de l'Algérie à transformer cette conformité aux normes internationales en un moteur durable de croissance, d'investissement et de diversification économique.
L'expert insiste enfin sur la nécessité de poursuivre les réformes financières et bancaires engagées par les pouvoirs publics, dans le cadre d'un vaste chantier de modernisation du système financier et de renforcement de la transparence conformément aux standards internationaux. Il rappelle que ce processus a notamment porté sur la révision du cadre législatif relatif à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, le renforcement du contrôle des transactions financières, l'amélioration de la coordination entre les autorités de contrôle, les services de sécurité et la justice, ainsi que le développement des mécanismes de déclaration des opérations suspectes et de suivi des flux financiers. Il souligne également que l'adoption de la nouvelle loi monétaire et bancaire a constitué une étape décisive dans la modernisation du secteur bancaire, en renforçant la gouvernance, les outils de contrôle et le cadre juridique nécessaire au développement des financements modernes et de la finance numérique.
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