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La fille de Kadhafi conduit-elle la Libye vers une nouvelle configuration politique ?

Selon des observateurs, elle bénéficie d’un statut juridique particulier qui la distingue des autres figures politiques associées à l’ancien régime

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Une certaine attente règne dans la rue politique libyenne après que le nom de la docteure Aïcha Mouammar Kadhafi est arrivé en tête des derniers sondages d’opinion. Cette évolution soudaine a rebattu les cartes et suscité des interrogations de fond sur sa capacité à rassembler les partisans de l’ancien régime et à opérer une véritable percée dans une scène politique tendue, marquée par des rapports de force complexes et des échéances électorales attendues. (Attayma)

Dans ce contexte, l’analyste politique libyen Nasser Ammar estime, dans une publication sur les réseaux sociaux, que l’émergence d’Aïcha en tête de l’intérêt populaire constitue une étape déterminante et centrale pour les partisans du régime de la Jamahiriya. Il considère que sa présence représente une occasion de réorganiser les rangs et de dépasser des années de divisions et de multiplicité des centres d’influence, estimant que son arrivée en tête pourrait contribuer à l’émergence d’un front politique unifié et plus cohérent sous une direction unique, mettant fin à l’état de dispersion.

Un atout et un capital juridique
Le poids d’Aïcha Kadhafi, selon Ammar, ne se limite pas à son héritage familial, mais s’étend à ce qu’il décrit comme un capital juridique et politique particulier. Elle bénéficierait d’un statut juridique qui la distinguerait des autres figures politiques associées à l’ancienne époque. Il affirme que l’absence, à ce jour, de poursuites ou d’affaires internationales à son encontre lui offrirait une plus grande marge de manœuvre et un avantage susceptible de la faire passer du simple statut de symbole à celui de dirigeante de terrain capable de mobiliser les foules et de préparer concrètement une participation à l’échéance électorale.

Un nouveau réajustement des alliances
L’analyste politique estime que la progression réalisée par Aïcha imposera une nouvelle réalité à toutes les forces en présence. Les camps concurrents — qu’ils soient associés à la révolution de « Février » ou au camp de la « Karama » — devront se préparer à faire face à un acteur politique atypique. Il ajoute que l’entrée de la fille de Kadhafi dans la compétition ne sera pas une « promenade de santé » pour ses adversaires, compte tenu de sa capacité, selon lui, à tirer parti du réservoir populaire hostile à la situation actuelle et à unifier les voix dispersées autour du nom de la famille.

La voie alternative : de Seïf al-Islam à Aïcha
Ammar évoque également le transfert du poids politique au sein de la même famille, soulignant que le fait que l’attention se porte désormais sur Aïcha, par rapport à la trajectoire suivie ces dernières années par son frère Seïf al-Islam Kadhafi, marque le début d’une nouvelle étape pour le courant de la Jamahiriya. Si elle décidait de participer directement, elle constituerait, selon lui, le prolongement politique et le passage électoral le plus difficile du projet auquel les partisans de l’ancien régime restent attachés depuis 2011.

Un test décisif pour l’équation libyenne
Nasser Ammar conclut que la prochaine échéance électorale — si elle a lieu — ne sera pas une simple répétition des scrutins opposant les mêmes figures, mais constituera un véritable test pour tous, après l’entrée en scène de personnalités capables de mobiliser les bases populaires restées silencieuses. Il affirme que l’entrée d’Aïcha dans la course lui offrirait une occasion historique de rassembler les différentes composantes de son camp et de redessiner une large partie de la carte politique du pays.