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Des partis politiques « majeurs » se lancent à la recherche de compétences

Plusieurs formations politiques ont lancé, par la voix de leurs dirigeants et de leurs membres, des appels aux personnes souhaitant se porter candidates aux assemblées élues

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Les formations politiques se livrent à une « compétition dans l’ombre » pour attirer des compétences extérieures à leurs structures militantes, à la recherche de « profils » totalement exempts de toute irrégularité ou de tout soupçon susceptible d’être relevé par les « yeux de la surveillance » ou de susciter les réserves de l’Autorité indépendante.

Plusieurs formations politiques ont lancé, par la voix de leurs dirigeants et de leurs membres, des appels aux personnes souhaitant se porter candidates aux assemblées élues. Il ne s’agit pas uniquement de partis à implantation géographique limitée, mais également des « plus grands » partis, à l’instar du Front de libération nationale (FLN), dont certains membres au niveau des mouhafadhas locales ont publié sur les réseaux sociaux des appels pour attirer des personnes désireuses de se porter candidates. Parmi ces appels figure celui publié par la mouhafadha de Sidi Boubekeur, à Saïda, sur sa page Facebook.

Le conseil national ordinaire du parti avait également appelé, il y a quelques semaines, tous les militants du « FLN » à s’impliquer fortement et immédiatement dans la préparation de l’échéance électorale. Le parti a aussi lancé un appel aux compétences nationales intègres afin qu’elles se portent candidates sur ses listes au niveau des wilayas et des communes, dans une démarche visant à élargir le cercle des candidats et à ne pas limiter l’élaboration des listes aux seuls militants traditionnels.

De son côté, le Front de la justice et du développement avait annoncé, avant la convocation du corps électoral, l’ouverture des candidatures aux élections locales, invitant les personnes souhaitant présenter leur candidature à remplir un formulaire électronique spécialement consacré à cet effet.

La représentation territoriale
Ces préparatifs traduisent le passage des partis de la phase de réorganisation interne à celle de la recherche de ressources humaines capables de prendre part à la compétition électorale, notamment pour les formations qui doivent élargir leur implantation locale et renforcer leur présence dans un plus grand nombre d’assemblées élues.

Le nouveau découpage administratif, opéré en avril 2026, constitue un défi pour les partis politiques. Le nombre de wilayas est ainsi passé à 69 et celui des communes à 1 541. Le nombre de sièges dans les assemblées populaires de wilaya est, quant à lui, passé de 2 004 à 2 855, soit une augmentation de 851 sièges. Les circonscriptions administratives promues au rang de wilayas lors de la dernière modification du découpage administratif ont, pour leur part, bénéficié de 1 748 sièges dans les assemblées populaires communales.

De manière générale, la nature de l’échéance locale place les partis face à un défi différent de celui des élections législatives, dans la mesure où la compétition au niveau des communes et des wilayas nécessite une implantation organisationnelle et de terrain étendue, ainsi que la capacité à constituer des listes couvrant le plus grand nombre possible de circonscriptions électorales.

Selon l’article 176 de la loi organique relative au régime électoral, la liste des candidats aux assemblées populaires de wilaya et aux assemblées populaires communales doit comporter un nombre de candidats supérieur de sept au nombre de sièges à pourvoir dans les circonscriptions électorales dont le nombre de sièges est impair, et de six dans celles dont le nombre de sièges est pair.

Les listes présentées aux élections doivent également, sous peine de rejet, respecter plusieurs conditions : elles doivent comprendre un tiers de candidates, au moins la moitié des candidatures doit être réservée à des personnes âgées de quarante ans au plus au jour du scrutin, et au moins un tiers des candidats de la liste doit avoir un niveau d’enseignement universitaire.

Toutefois, la condition relative au tiers de représentation des femmes ne s’applique que dans les communes dont la population dépasse vingt mille habitants.

Le spectre de l’article 200
S’agissant du candidat, l’article 184 exige qu’il ne fasse pas l’objet d’une condamnation définitive à une peine privative de liberté pour crime ou délit et qu’il n’ait pas été réhabilité, à l’exception des délits involontaires. Il doit également justifier de sa situation vis-à-vis de l’administration fiscale, soit par le paiement des sommes dues au titre des impôts définitivement établis, soit par un échéancier, soit en apportant la preuve qu’il n’est pas assujetti à l’impôt.

La condition la plus importante est qu’il ne soit pas connu du public pour ses liens avec des milieux de l’argent et des affaires douteux, ni pour exercer, directement ou indirectement, une influence sur le libre choix des électeurs et le bon déroulement du processus électoral.

Les partis politiques nourrissent de vives inquiétudes concernant cette disposition, qui correspond au dernier paragraphe de l’article 200 de la loi électorale fixant les conditions de candidature. Ces inquiétudes sont liées au fait que cette disposition figurait parmi les motifs ayant conduit au rejet de dossiers de candidats lors des dernières élections législatives.

Les opposants à ce texte estiment que l’article souffre d’un flou législatif, le rendant susceptible d’être exploité dans des contextes et selon des interprétations différents. Les détracteurs de cette disposition considèrent également que son caractère trop vague porte atteinte au principe d’égalité des chances.

De leur côté, les pouvoirs publics affirment que toutes les procédures prises dans le cadre de l’examen des dossiers de candidature s’inscrivent dans l’objectif d’« assainir la vie politique » et d’empêcher l’argent corrompu d’influencer le processus électoral, afin de « renforcer l’intégrité de la compétition électorale et de restaurer la confiance dans les institutions représentatives ».

L’un des principaux défis posés par cette exigence légale sera l’obligation, pour les partis politiques, de prendre leurs précautions afin de remplacer les dossiers de candidats susceptibles d’être rejetés. Chez les anciens candidats également, l’expérience des élections précédentes a suscité un sentiment de découragement chez certains candidats potentiels dont les dossiers avaient été rejetés, ainsi que chez certains candidats qui n’avaient pas réussi à remporter la compétition. Cela a conduit plusieurs d’entre eux à éviter de renouveler l’expérience.

Par ailleurs, certains militants de partis politiques qui ne s’étaient jamais présentés à une élection craignent les conséquences d’une éventuelle exclusion au motif de liens avec l’argent corrompu ou des milieux douteux, ce qui a dissuadé certains d’entre eux de tenter l’expérience électorale.

D’autres, en revanche, insistent sur la nécessité de se porter candidat et de participer à la vie politique quelles que soient les circonstances.

Dans ce contexte, l’élu du parti Front El Moustakbal, Abdelrazak Khaled, a déclaré qu’il se présentait à nouveau parce qu’après deux mandats dans une commune de la capitale, il continue de croire que quitter le terrain est plus facile que d’essayer de le changer.

Il a également déclaré à « El Khabar » avoir constaté de près la difficulté de la gestion, la lenteur de certaines procédures et l’enchevêtrement des responsabilités, et avoir compris que la réforme des collectivités locales nécessite avant tout des compétences ainsi que des hommes et des femmes qui croient au travail et savent patienter pour en voir les résultats.

Il a ajouté : « C’est pourquoi, malgré tout ce qui pourrait pousser une personne à prendre ses distances, j’ai choisi de continuer, non pas parce que je pense détenir toutes les solutions, mais parce que je crois que le véritable changement commence lorsque nous décidons de ne pas nous retirer à la première difficulté. »