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Washington œuvre à une solution en Libye conforme à la vision algérienne

Révélations du principal conseiller du président américain pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos.

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Washington travaille ces dernières semaines à trouver une issue à la crise et à la division libyennes, sur des bases similaires à celles que l’Algérie avait déjà proposées comme conditions et passerelles vers une sortie de crise dans un pays qui fonctionne depuis plus de dix ans avec deux gouvernements.

Le principal conseiller du président américain pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos, a évoqué hier les caractéristiques de cette approche et ses grandes lignes, indiquant que les États-Unis soutiennent et œuvrent pour une « solution libyo-libyenne » ainsi que pour « l’unification des institutions », une position que l’Algérie n’a cessé de défendre lors des conférences de Berlin I et II, des réunions des pays voisins de la Libye et des sommets de la Ligue arabe.

Washington réaffirme également son attachement à la solution onusienne à la crise libyenne, selon le responsable américain, dans une interview accordée à la chaîne « Sky News Arabia », solution qui constitue la base de toutes les initiatives et conférences.

Ce processus onusien prévoit notamment l’organisation d’élections générales inclusives, comme l’a proposé l’Algérie, considérées comme la meilleure voie de sortie de l’impasse libyenne, avant que le processus n’échoue et ne soit reporté.

Selon Massad Boulos, la Libye connaît des progrès significatifs vers l’unification de ses institutions militaires, économiques et politiques. Il a également affirmé que les États-Unis soutiennent les efforts de la représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en Libye, Hanna Tetteh, ainsi que ceux de la mission onusienne, dans le cadre de la feuille de route visant à relancer le processus politique et à organiser des élections.

Malgré la complexité de la situation en Libye et la profonde division institutionnelle et politique entre l’Est et l’Ouest, Washington affiche un certain optimisme, s’appuyant notamment sur l’unification du budget entre Tripoli et Benghazi pour la première fois depuis le début de la division, ainsi que sur une manœuvre militaire conjointe et une récente réunion à Paris réunissant des responsables des deux parties.

La situation en Libye demeure toutefois très complexe et imbriquée, rendant difficile toute affirmation selon laquelle une solution serait proche, en raison des divergences institutionnelles, stratégiques et politiques entre les deux camps et de leurs répercussions sur la société libyenne.

Le pays connaît depuis un certain temps des périodes d’accalmie entrecoupées de tensions et de revers sécuritaires, notamment des affrontements armés à Tripoli ayant entraîné la mort d’un haut responsable sécuritaire, ainsi que l’assassinat du potentiel candidat présidentiel Saif al-Islam Kadhafi, ce qui a ravivé les tensions au sein de plusieurs tribus.