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Moncef Marzouki, le cheval de Troie des adversaires de la Tunisie

Son discours s’inscrit dans le sillage des campagnes médiatiques et politiques visant la Tunisie

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Il serait erroné de considérer comme fortuite la concomitance entre les dernières déclarations du président tunisien, Kaïs Saïed, et les développements qu’a connus la scène politique tunisienne ces derniers jours. En évoquant l’existence de parties cherchant à déstabiliser le pays à travers le sabotage des réseaux d’électricité et d’eau et la manipulation de l’opinion publique contre l’État, le président tunisien s’exprimait dans un contexte marqué par le retour au premier plan de son prédécesseur, Moncef Marzouki.

Celui-ci est récemment intervenu sur la chaîne publique française « France 24 », une apparition qui a provoqué une réaction officielle particulièrement ferme des autorités tunisiennes. Tunis a notamment convoqué l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, pour protester contre la diffusion de cette interview.

Le ministère tunisien des Affaires étrangères s’est empressé de convoquer l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, pour protester contre l’accueil par la chaîne « France 24 » de Marzouki, que le ministère a qualifié, dans son communiqué officiel, de personne recherchée par la justice tunisienne. Il a estimé que l’interview comportait une atteinte à la souveraineté de l’État et à sa sécurité nationale, ainsi qu’une incitation explicite à la discorde et aux affrontements internes, ce qui reflète l’ampleur de la sensibilité qui entoure désormais les activités de l’ancien président et son discours politique.

Ces développements revêtent une importance particulière au regard des accusations du président Kaïs Saïed concernant l’existence de plans visant à épuiser l’État de l’intérieur, à travers la perturbation des services essentiels et l’exacerbation des tensions sociales, au service d’agendas cherchant à déstabiliser et à affaiblir les institutions de l’État.

Des observateurs estiment que le discours adopté par Marzouki — qui possède les nationalités française et marocaine et dont le père a été enterré au Maroc — à l’étranger est parfaitement en phase, tant sur le plan du timing que du contenu, avec les campagnes médiatiques et politiques visant les autorités tunisiennes, notamment dans un contexte marqué par des discussions croissantes autour de tentatives extérieures d’influencer la scène intérieure tunisienne.

Des milieux politiques et médiatiques font également circuler des informations faisant état d’une convergence d’intérêts entre plusieurs parties régionales, notamment le Maroc, les Émirats arabes unis et la France (bien évidemment), dans l’exploitation de la situation de confrontation politique en Tunisie. Selon ces lectures, Marzouki serait présenté comme l’une des figures utilisées dans cette démarche, que ce soit à travers les tribunes médiatiques étrangères ou par un discours appelant à internationaliser ce qu’il qualifie, à tort et à travers, de « crise tunisienne ».

Les tenants de cette lecture vont jusqu’à considérer que Marzouki joue le rôle d’un agent loyal ou d’un « cheval de Troie » par lequel sont véhiculés des messages et des pressions politiques visant l’État tunisien, à un moment où le pays fait face à des défis économiques et sécuritaires complexes. Cela rejoint, selon eux, les intérêts de certaines puissances régionales cherchant à affaiblir l’expérience tunisienne actuelle.

Cela intervient alors que les poursuites judiciaires visant Marzouki continuent de peser sur sa présence politique, après que le tribunal de première instance de Tunis a prononcé, en juin 2025, une condamnation par contumace à 22 ans de prison à son encontre, ainsi qu’à l’encontre d’anciens responsables, dans des affaires examinées par la justice tunisienne.

Pour le gouvernement tunisien, l’affaire ne relève plus de la liberté d’expression ou de la divergence politique, mais touche désormais, selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères, à la sécurité nationale et à la souveraineté nationale. Il a ainsi décidé de faire porter à la partie française une responsabilité morale dans la diffusion de contenus qu’il considère comme incitatifs par l’intermédiaire d’un média public.

Ces développements interviennent quelques jours avant la commémoration du 25 juillet, qui constitue une étape politique charnière en Tunisie, dans un contexte marqué par des appels à de nouvelles manifestations, ce qui accroît la sensibilité de la conjoncture politique et renforce les craintes de voir toute tension intérieure exploitée pour alimenter la polarisation.

Dans ce contexte, les déclarations du président Kaïs Saïed concernant l’existence de tentatives organisées visant à déstabiliser le pays semblent davantage liées au contexte politique actuel, notamment avec la montée des discours appelant à l’escalade depuis l’étranger. Cela ouvre la voie à des interrogations sur la nature des rôles joués par certaines personnalités politiques résidant hors de Tunisie et sur le degré de leur lien avec des calculs régionaux dépassant les limites de l’opposition politique traditionnelle.