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Fares Chaïbi, l'homme de l'ombre des Fennecs au Mondial

Premier à lui ouvrir les portes de la sélection, Djamel Belmadi avait convaincu le joueur formé à Toulouse de porter les couleurs de l'Algérie, un choix qu'il avait fait sans poser de conditions

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Alors qu'Ibrahim Maza a monopolisé l'attention des médias, des observateurs et des analystes durant cette Coupe du monde, jusqu'à être élu homme du match face à la Jordanie, et que le doublé de Riyad Mahrez contre l'Autriche a fait les gros titres, un autre joueur s'est illustré avec une remarquable discrétion. Constant dans ses performances, Fares Chaïbi s'est imposé, selon de nombreux observateurs, comme le meilleur joueur de la sélection algérienne au terme du premier tour du Mondial 2026.

Chaïbi n'a certes pas été le meilleur buteur, ni le joueur le plus dribbleur ou le meilleur passeur décisif durant cette phase de groupes. En revanche, il s'est distingué par son influence constante sur le jeu, confirmant qu'il est aujourd'hui l'une des pièces maîtresses du dispositif mis en place par Vladimir Petković.

Lors du match d'ouverture face à l'Argentine, il a évolué sur le flanc gauche de l'attaque et a constitué le seul véritable motif de satisfaction dans une prestation collective décevante des Verts. Par ses déplacements, il a mis en difficulté la défense argentine et est même parvenu à trouver le chemin des filets, avant que la VAR n'annule son but, privant l'Algérie d'une ouverture du score qui aurait pu changer le cours de la rencontre.

Déçu par les prestations du duo du milieu de terrain composé de Hicham Boudaoui et Nabil Bentaleb, Petković a décidé de repositionner Chaïbi dans l'entrejeu à partir du deuxième match. Un choix payant. Le milieu de l'Eintracht Francfort a alors dévoilé une autre facette de son jeu, excellant dans la liaison entre les lignes, la récupération et la construction des offensives. Seule la réussite lui a manqué, sa superbe frappe ayant été repoussée par la barre transversale du gardien Yazeed Abou Laila, alors qu'elle semblait promise à devenir son premier but en Coupe du monde, et son quatrième sous les couleurs des Verts.

Lors du match décisif contre l'Autriche, le sélectionneur suisse lui a renouvelé sa confiance dans l'entrejeu. Sur le terrain, Chaïbi a répondu présent : prestation régulière, énorme débauche d'énergie, pressing incessant, récupération de ballons et participation efficace aux transitions rapides entre la défense et l'attaque. Une nouvelle démonstration de sa régularité et de son importance dans l'équilibre de l'équipe.

Le plus frappant est que le joueur faisait pourtant partie des interrogations de Petković lorsqu'il avait pris les rênes de la sélection en mars 2024. Le technicien suisse avait alors reconnu ne pas savoir quel était son véritable poste, hésitant entre un milieu de terrain et un attaquant. Les performances de Chaïbi durant cette Coupe du monde ont apporté une réponse claire : il est un joueur polyvalent, capable d'évoluer aussi bien sur les ailes qu'au milieu, grâce à une intelligence tactique qui lui permet de s'adapter aux exigences de chaque rencontre.

Le parcours de Chaïbi avec la sélection nationale n'a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Écarté au début de l'ère Petković à la suite d'un différend survenu lors du premier stage du sélectionneur, il a ensuite bénéficié d'une seconde chance qu'il a pleinement saisie, au point de devenir aujourd'hui l'un des principaux atouts techniques du technicien suisse.

C'est Djamel Belmadi qui avait été le premier à convoquer le joueur formé au Toulouse FC en mars 2023, après que celui-ci eut choisi de représenter l'Algérie sans poser de conditions. Malgré une période marquée par les doutes, les hésitations et même une mise à l'écart, Chaïbi semble désormais avoir trouvé sa véritable place chez les Verts, non seulement comme joueur talentueux, mais surtout comme élément indispensable du collectif.

Fares Chaïbi ne fait peut-être pas les gros titres et ne bénéficie pas de la même exposition médiatique que les buteurs ou les auteurs de gestes spectaculaires. Pourtant, ce qu'il a démontré durant le premier tour confirme que l'Algérie dispose d'un joueur au profil moderne, alliant qualité technique, intelligence tactique, polyvalence et combativité.

Dans une compétition de l'envergure d'une Coupe du monde, ce sont souvent les hommes de l'ombre qui laissent l'empreinte la plus profonde. Et, à ce titre, Fares Chaïbi s'est incontestablement imposé comme le héros discret des Fennecs.