Economie

Pour ces raisons l’Algérie insiste sur la révision de l’accord avec l’UE

En parallèle de ses efforts pour rééquilibrer les échanges.

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Par: M.Ahmed

Les déclarations du Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, sur les restrictions européennes imposées à certaines exportations algériennes revêtent une importance particulière dans le contexte des débats croissants sur l’avenir des relations économiques entre l’Algérie et l’Union européenne et des efforts d’Alger pour rééquilibrer les échanges commerciaux entre les deux parties, sur la base du principe « gagnant-gagnant ».

Ces déclarations interviennent alors que l’Algérie cherche à passer d’un modèle commercial reposant essentiellement sur les exportations d’hydrocarbures à une économie plus diversifiée, fondée sur l’élargissement des exportations industrielles et agricoles et l’augmentation de la part de la production nationale dans les échanges extérieurs, notamment dans les secteurs de la sidérurgie et des matériaux de construction.

Outre les restrictions dénoncées par le responsable tchèque, les exportations algériennes vers les pays de l’UE font face à d’autres contraintes liées notamment aux quotas et aux droits de douane, ainsi qu’aux mesures environnementales européennes, en particulier le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM).

Celui-ci concerne plusieurs secteurs fortement émetteurs, notamment la sidérurgie, les engrais, le ciment, l’aluminium, l’électricité et l’hydrogène, des filières qui constituent des piliers de l’industrie algérienne et sur lesquelles le pays mise pour ses futurs projets stratégiques, dans le cadre de ses efforts visant à diversifier l’économie nationale et à réduire progressivement sa dépendance aux hydrocarbures.

En parallèle de sa demande de faciliter l’accès des produits algériens aux marchés européens, l’Algérie maintient son droit de réguler ses importations en fonction des besoins du marché national et de protéger sa production locale.

Le différend entre les deux parties s’est notamment accentué en juillet 2025, lorsque le ministère algérien des Affaires étrangères s’est opposé à la décision européenne d’ouvrir une procédure d’arbitrage concernant ce que l’UE considère comme des restrictions algériennes au commerce et à l’investissement. Alger avait alors dénoncé une clôture précipitée des consultations et appelé à activer le Conseil d’association pour régler les différends.

L’accord d’association sous révision

Ces différends s’inscrivent dans la démarche engagée par l’Algérie pour réviser l’accord d’association avec l’Union européenne, entré en vigueur en 2005, alors que la structure de l’économie nationale et ses capacités de production et d’exportation ont profondément évolué.

Le président Abdelmadjid Tebboune avait souligné la nécessité de réviser cet accord, donnant des instructions pour réévaluer ses dispositions une par une, selon une approche prenant en compte l’intérêt du produit national et les intérêts des deux parties.

Selon l’approche algérienne, cette révision ne vise pas à rompre les relations économiques avec l’Union européenne, mais à adapter les conditions du partenariat aux transformations de l’économie nationale, afin de corriger les déséquilibres commerciaux et d’élargir les possibilités de coopération et d’investissement.

Malgré les différends commerciaux, l’énergie demeure l’un des principaux piliers du partenariat entre l’Algérie et l’Union européenne, compte tenu de l’importance du gaz algérien dans l’approvisionnement des marchés européens et de la volonté de ces derniers de diversifier leurs sources d’approvisionnement.

Andrej Babiš a évoqué des possibilités de renforcer la coopération énergétique, notamment à travers l’examen d’une éventuelle augmentation des livraisons de gaz algérien en coordination avec Sonatrach.

L’Algérie mise ainsi sur la progression de ses capacités de production pour obtenir des retombées commerciales concrètes, en s’attaquant aux obstacles qui limitent la compétitivité de ses exportations. La réussite de cette démarche passe toutefois par la combinaison de la révision des conditions du partenariat et de l’amélioration des performances des entreprises nationales, afin de construire des relations économiques plus équilibrées, associant coopération énergétique et élargissement des échanges industriels et commerciaux sur la base du principe « gagnant-gagnant ».