Société

Eau minérale : flambée des prix en pleine vague de chaleur

En pleine vague de chaleur et de feux de forêt

  • 5
  • 6:33 Min

Les prix de l’eau minérale connaissent, ces dernières semaines, une hausse notable dans plusieurs marchés algériens, suscitant le mécontentement et les interrogations des citoyens, notamment parce que ces augmentations interviennent parallèlement à la forte hausse des températures et à l’arrivée de la saison estivale, qui connaît habituellement une augmentation de la demande en eau conditionnée, sous ses différentes marques et formats.

Cette hausse intervient dans un contexte de disparités de prix constatées entre les différents points de vente, ce qui a poussé les consommateurs à s’interroger sur les véritables raisons de ces augmentations et à se demander si elles sont effectivement liées à la hausse des coûts de production, de transport et de distribution, ou si elles sont également dues aux marges bénéficiaires appliquées aux différents maillons de la chaîne de commercialisation.

Lors d’une tournée effectuée par « El Khabar » dans plusieurs commerces de la capitale, des commerçants ont reconnu avoir appliqué des augmentations allant, dans certains cas, de 20 à 30 dinars sur le prix d’un pack de bouteilles d’eau minérale (Fardou). Le prix de certaines marques les plus commercialisées est ainsi passé à 250 dinars au lieu de 220 dinars, tandis que celui de certaines marques connues pour la qualité de leur eau a atteint environ 280 dinars le pack.

Un commerçant a montré une facture d’achat récente confirmant que le prix de gros avait augmenté à 215 dinars le pack, ce qui l’a poussé à relever le prix de vente au consommateur à 250 dinars, alors qu’il l’achetait auparavant à seulement 185 dinars. Il a affirmé que sa marge bénéficiaire n’avait pas connu de changement important et que l’augmentation était principalement destinée à suivre la hausse du coût d’approvisionnement.

Le commerçant a expliqué que les distributeurs et intermédiaires chargés d’acheminer l’eau vers les commerces justifient ces augmentations par la hausse des coûts de transport, des prix du carburant et des frais d’entretien des camions, ainsi que par d’autres charges d’exploitation, estimant que l’ensemble de ces facteurs a imposé une révision des prix de vente en gros, ce qui s’est directement répercuté sur les prix destinés au consommateur final.

Les augmentations doivent être justifiées et transparentes
Dans ce contexte, le président de l’Union nationale de protection des consommateurs en Algérie, Mahfoud Herzli, a déclaré à « El Khabar » que l’Union avait suivi la hausse récemment enregistrée des prix de certaines marques d’eau minérale dans plusieurs wilayas, soulignant l’existence de disparités de prix entre les différents points de vente. Selon lui, il convient donc d’examiner les véritables raisons à l’origine de ces augmentations et de vérifier dans quelle mesure les lois régissant la concurrence et les pratiques commerciales sont respectées.

Mahfoud Herzli a expliqué, dans une déclaration consacrée à l’évolution des prix de l’eau minérale, que l’Union nationale de protection des consommateurs avait constaté, ces dernières semaines, des augmentations des prix de certaines marques d’eau minérale, ainsi que des écarts de prix d’une région à l’autre et d’un point de vente à l’autre.

Le responsable a affirmé que toute augmentation du prix des produits, y compris celui de l’eau minérale, devait être justifiée et transparente et reposer sur de véritables raisons économiques pouvant être expliquées, tout en respectant la législation relative à la concurrence et à la protection du consommateur. Il a insisté sur le fait que le citoyen ne devrait pas supporter des charges financières supplémentaires en l’absence de justifications claires, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un produit largement consommé et essentiel durant les périodes de fortes températures.

Il a ajouté que la protection du consommateur ne signifie pas refuser catégoriquement toute augmentation des prix, mais plutôt s’assurer que les hausses enregistrées correspondent à l’augmentation réelle des coûts de production et de distribution et qu’elles ne résultent pas de pratiques commerciales injustifiées ou de l’exploitation de la forte demande pour ce produit.

La hausse des coûts de production et de transport au premier plan
Concernant les raisons à l’origine de la hausse des prix de l’eau minérale, le président de l’Union nationale de protection des consommateurs a expliqué que les producteurs évoquent l’augmentation des coûts de production, notamment celle des prix des matériaux d’emballage plastique, ainsi que la hausse des coûts de transport et d’expédition, des facteurs susceptibles d’avoir une incidence directe ou indirecte sur le coût du produit, depuis sa sortie de l’usine jusqu’à son arrivée chez le consommateur final.

Il a souligné que la chaîne de commercialisation de l’eau minérale comprend plusieurs maillons, commençant par le producteur, puis passant par les distributeurs et les grossistes, avant d’atteindre les détaillants. Le prix final du produit est ainsi influencé par plusieurs facteurs, notamment les coûts de transport, de distribution et de stockage, ainsi que les marges bénéficiaires appliquées par les différents intervenants.

Dans ce cadre, Herzli a insisté sur la nécessité pour les augmentations enregistrées d’être proportionnelles à la hausse réelle des coûts, affirmant que tout écart excessif entre le prix de sortie du produit de l’usine et le prix final payé par le consommateur devait faire l’objet d’une vérification de ses causes, particulièrement lorsque l’augmentation varie fortement d’une région à l’autre ou entre des points de vente proches.

Des plaintes et des demandes de renseignements de la part des citoyens
Herzli a révélé que l’Union nationale de protection des consommateurs avait effectivement reçu plusieurs demandes de renseignements et plaintes de citoyens concernant la hausse des prix de l’eau minérale, notamment durant la période actuelle marquée par une forte hausse des températures et une augmentation de la demande en eau conditionnée.

Il a expliqué que certains consommateurs s’étaient notamment plaints des écarts de prix constatés entre les commerces et les différents points de vente, un citoyen pouvant trouver la même marque, dans le même format, à des prix différents d’un endroit à l’autre. Cette situation a suscité des interrogations sur les raisons de ces écarts et sur les marges bénéficiaires appliquées à certains maillons de la chaîne de distribution.

L’Union estime que ces écarts, lorsqu’ils sont importants et injustifiés, nécessitent un examen et une vérification des conditions de vente et de distribution, d’autant que l’eau minérale fait partie des produits connaissant une forte demande de la part des citoyens, et que sa consommation augmente considérablement durant l’été et les vagues de chaleur.

Des appels à renforcer les contrôles durant l’été
Avec la hausse des températures et l’augmentation de la demande en eau minérale, la nécessité de renforcer les contrôles des marchés et de suivre en permanence l’évolution des prix se fait davantage sentir, afin de garantir la disponibilité du produit à des prix raisonnables et d’empêcher toute augmentation injustifiée susceptible de peser sur le consommateur.

Le président de l’Union nationale de protection des consommateurs estime que le contrôle permanent reste nécessaire pour garantir le respect des lois, notamment durant les périodes marquées par une hausse exceptionnelle de la demande. Il souligne que la protection du consommateur est une responsabilité partagée qui nécessite une coordination entre les différents organismes de contrôle, les opérateurs économiques et les associations de protection des consommateurs.

En attendant d’avoir une vision plus claire des véritables raisons à l’origine des hausses enregistrées des prix de l’eau minérale, le citoyen reste dans l’attente d’une intervention des autorités compétentes afin de clarifier la réalité de ces augmentations et de vérifier dans quelle mesure elles sont liées à la hausse des coûts de production, de transport et de distribution, tout en luttant contre toute pratique susceptible d’entraîner une hausse injustifiée des prix.

Herzli affirme que garantir la stabilité des prix ne passe pas uniquement par le contrôle du prix final, mais nécessite également le suivi des différents maillons de la chaîne de distribution, du producteur jusqu’au consommateur, ainsi que le renforcement de la transparence et l’obligation pour chaque intervenant de respecter les lois, de manière à assurer la protection du pouvoir d’achat du citoyen algérien tout en préservant, dans le même temps, l’équilibre avec les intérêts des producteurs et des opérateurs économiques.