L’Autorité nationale indépendante des élections a entamé l’examen des dossiers de candidature aux élections des assemblées populaires communales et de wilaya, prévues le 28 novembre 2026, après l’expiration officielle des délais de dépôt. Les partis politiques et les listes souhaitant participer à la course électorale ont été confrontés à des difficultés, sur fond d’une abstention sans précédent, notamment chez les jeunes, les universitaires et les femmes, ainsi que de craintes liées aux conditions d’acceptation des dossiers et aux risques d’exclusion.
Les délais de dépôt des dossiers de déclaration collective de candidature ont officiellement expiré avant-hier, le 8 octobre 2026. Le processus entre ainsi dans la phase d’examen des dossiers et de vérification de leur conformité aux conditions légales et réglementaires en vigueur.
Les partis politiques et les listes souhaitant se présenter ont rencontré des difficultés pour compléter leurs listes de candidats à travers les 1 541 communes et les 69 wilayas, dans un contexte marqué par la difficulté à attirer des personnes désireuses de participer à la compétition électorale. Des milieux politiques attribuent une partie de ces difficultés aux conséquences des exclusions ayant frappé des candidats lors des dernières élections législatives, en raison de soupçons de corruption ou de liens présumés avec des milieux de l’argent sale. Cette situation a renforcé les craintes de certains candidats potentiels de subir une exclusion ou de voir leur réputation entachée en raison de relations ou de soupçons susceptibles d’être évoqués lors de l’examen de leurs dossiers.
Dans ce contexte, l’article 184 de la loi organique relative au régime électoral apparaît comme l’un des points de désaccord entre l’Autorité nationale indépendante des élections, ou les autorités de manière générale, et les partis politiques. Parmi les critères de candidature aux assemblées locales, cet article exige que le candidat ne soit pas connu du grand public pour ses liens avec des milieux suspects des affaires et de l’argent, ni pour son influence, directe ou indirecte, sur le libre choix des électeurs et le bon déroulement du processus électoral.
Des partis politiques estiment que la formulation actuelle de cet article ne définit pas avec suffisamment de précision les critères de son application, ce qui pourrait ouvrir la voie à des interprétations divergentes et susciter des inquiétudes quant à la clarté des critères qui serviront à accepter ou à rejeter les dossiers de candidature.
Parmi les difficultés rencontrées par les partis politiques dans la constitution de leurs listes électorales figure également celle de respecter les quotas légaux relatifs à la représentation de certaines catégories, conformément aux dispositions de l’article 184 de la loi électorale, notamment en ce qui concerne la proportion de jeunes et de femmes.
La loi impose que les jeunes représentent au moins la moitié des candidats figurant sur les listes électorales, tandis que la proportion de femmes doit atteindre au moins un tiers. Ces exigences ont placé les partis devant le défi de mobiliser un nombre suffisant de candidats et de candidates afin de compléter leurs listes dans le respect des dispositions légales.
Dans ce contexte, l’Autorité nationale indépendante des élections a autorisé l’acceptation des listes qui n’ont pas pu respecter le quota d’un tiers réservé aux femmes, afin de faciliter la participation des partis et des listes électorales ayant rencontré des difficultés à compléter leur composition. Par ailleurs, les élus locaux en exercice, qui avaient participé aux élections de 2021 sous la bannière de partis politiques, ont été autorisés à se présenter au prochain scrutin sous les couleurs d’autres partis, ce qui leur permet de changer d’affiliation politique et électorale dans le respect des conditions en vigueur.
D’un autre côté, les raisons de la réticence à se porter candidat ne se limitent pas aux seules craintes juridiques. Selon certaines analyses politiques, elles sont également liées à la baisse de confiance d’une partie des citoyens dans l’utilité de la participation électorale, ainsi qu’à la perception selon laquelle les prérogatives des assemblées locales sont limitées et leur marge d’intervention insuffisante pour répondre aux attentes des citoyens et à leurs préoccupations quotidiennes.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait reconnu l’existence d’une réticence à se porter candidat aux prochaines élections locales, particulièrement chez les jeunes. Il avait appelé cette catégorie à assumer ses responsabilités et à participer à la gestion des affaires publiques, estimant que l’engagement politique devait commencer à l’échelle de la commune, puis de l’assemblée de wilaya, avant de s’étendre au Parlement ou à d’autres responsabilités. Il a insisté sur la nécessité pour la génération actuelle d’assumer ses responsabilités et pour les partis politiques et les organisations de jeunesse de comprendre l’importance de la gestion locale, considérée comme le point de départ vers d’autres niveaux de responsabilité politique.
Attribution d’un numéro d’identification unique aux partis
De son côté, l’Autorité nationale indépendante des élections a indiqué, dans un communiqué, qu’une plage de numéros d’identification allant de 01 à 100 avait été réservée à chaque parti politique ou alliance de plusieurs partis. Les numéros sont attribués selon un ordre croissant, en fonction du nombre le plus élevé de listes de candidats déposées à l’échelle nationale.
S’agissant des listes indépendantes, l’Autorité a réservé les numéros à partir de 101 aux listes indépendantes participant à l’élection des membres des assemblées populaires communales, selon la circonscription électorale. Les numéros à partir de 201 ont, quant à eux, été attribués aux listes indépendantes participant à l’élection des membres des assemblées populaires de wilaya, également selon la circonscription électorale. Ces numéros d’identification sont attribués par ordre croissant en fonction de la date de dépôt des listes de candidats indépendants.
Le communiqué précise que le numéro d’identification propre à chaque parti politique, alliance de partis ou liste indépendante figurera sur le bulletin de vote officiel. Il sera également affiché dans les espaces réservés à la publication des candidatures, afin de garantir la clarté et la transparence pour les électeurs lors des prochaines élections.
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