Nation

Royal place l’Algérie au cœur de ses priorités

Elle affirme qu’elle ne permettra pas l’instrumentalisation de « l’Algérophobie » durant la campagne présidentielle française

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La candidate à l’élection présidentielle française, Ségolène Royal, a critiqué la poursuite des déclarations de responsables français attisant, selon elle, les réflexes coloniaux et alimentant ce qui est communément appelé « l’Algérophobie », estimant que cette approche détourne l’attention des préoccupations et des priorités des Français, notamment l’augmentation de la dette publique, le recul de la France dans les évaluations éducatives, la fragilité du système de santé ainsi que la question des retraites.

Dans un entretien exclusif accordé à la chaîne AL24news, diffusé dimanche soir, Ségolène Royal, en sa qualité de présidente de l’association « France-Algérie », a affirmé qu’il était de son devoir de défendre le rapprochement entre les deux pays et de renouer les partenariats entre les deux rives de la Méditerranée.

L’ancienne ministre française a également critiqué ce qu’elle a qualifié de manipulation des accords de 1968 par un ancien Premier ministre français et candidat à la présidentielle, considérant que ce dossier ne constitue pas une priorité pour les Français.

Elle a, par ailleurs, assuré qu’elle ne permettrait pas l’instrumentalisation de « l’Algérophobie » durant la campagne électorale présidentielle française, soulignant que cette position est également dans l’intérêt de la France.

Ségolène Royal a relevé que plusieurs pays, notamment l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et les États-Unis, cherchent à développer leurs partenariats économiques avec l’Algérie, alors que certaines parties françaises continuent, selon elle, d’« insulter » ce pays.

Elle a également critiqué la classe politique française, qu’elle accuse de rester figée du passé colonial pour gagner des voix, estimant que cette orientation ne sert pas les intérêts de la France.

La candidate s’est aussi opposée à la résurgence des différends entre les pays de la rive sud de la Méditerranée, appelant Paris à s’abstenir d’intervenir dans les conflits et à œuvrer plutôt au rapprochement entre les pays de la région.

Ségolène Royal a accusé une partie de la classe politique française de désinformation et de chercher un « bouc émissaire » au lieu de s’attaquer aux priorités, notamment ceux qui étaient au pouvoir et qui, selon elle, ont échoué à gérer correctement le pays. Elle a appelé à rétablir une bonne gouvernance et à faire assumer aux responsables la responsabilité de leur bilan.

Concernant les relations algéro-françaises, elle a affirmé que les diplomates français sont conscients que l’agressivité envers l’Algérie ne sert pas les intérêts de la France, mais que leurs positions ne trouvent pas d’écho auprès des décideurs politiques.

Elle a insisté sur le fait que l’Algérie avait changé et s’était développée économiquement, mettant en avant sa jeunesse « extrêmement bien formée » et soulignant la nécessité de respecter sa souveraineté diplomatique.

Ségolène Royal a estimé qu’il était urgent de rétablir de bonnes relations diplomatiques avec l’Algérie, compte tenu de son statut de plus grand pays d’Afrique par sa superficie et de son rôle d’entrée vers le continent africain, notamment en matière de coopération dans le domaine du renseignement. Elle a assuré qu’elle œuvrerait dans ce sens si elle accédait à la présidence.

Elle a également évoqué les dommages causés aux partenariats économiques par la dégradation des relations entre les deux pays, indiquant que plusieurs chefs d’entreprise algériens se sont tournés vers d’autres pays.

Ségolène Royal a t établi un lien avec la crise énergétique en France et la hausse des prix du gaz, estimant que les partenariats avec l’Algérie pourraient ouvrir des opportunités dans le secteur énergétique.

Enfin, en cas de son arrivée à l’Elysée, à la présidence, Ségolène Royal a déclaré que son premier geste sera la restitution des biens spoliés, notamment les affaires de l’émir Abdelkader, ainsi que les archives, y compris celles relatives aux essais nucléaires.