Les élections législatives en Algérie se déroulent dans des conditions qualifiées de normales par rapport aux précédents scrutins, malgré les réformes du système juridique encadrant les élections et le contrôle préalable, qui ont conduit à l’élimination de milliers de candidats, parmi lesquels des figures et des dirigeants de partis nationaux et locaux.
Ce scrutin occupe la 12e place dans la série des élections législatives en Algérie, sans compter celles de l’Assemblée nationale algérienne organisées à la fin des années 1940 durant la période coloniale.
Les élections en Algérie se divisent en trois étapes : la phase de fondation, la phase du parti unique, puis la phase du pluralisme politique. La première phase a débuté avec l’élection de l’Assemblée nationale constituante le 20 septembre 1962, composée de 196 membres. Sa première session s’est tenue le 25 septembre 1962 sous la présidence de Ferhat Abbas, en tant que doyen des députés. Elle comprenait 16 sièges pour des Européens progressistes opposés au colonialisme et 10 femmes parmi les figures féminines marquantes.
La troisième phase est celle du pluralisme politique et de l’ouverture partisane, commencée au début des années 1990 avec les législatives de décembre 1991, annulées en 1992, remplacées par des institutions nommées comme le Conseil consultatif national et le Conseil national de transition, avant le retour au processus constitutionnel avec les élections de 1997, 2002, 2007, 2012 et 2017, jusqu’aux législatives de juin 2021 issues du mouvement populaire et basées sur le système de liste ouverte.
Les nouvelles élections législatives du 2 juillet se déroulent dans un contexte de réformes touchant la loi électorale, avec un rôle accordé au ministère de l’Intérieur dans la logistique du processus, parallèlement à la poursuite de la supervision de l’Autorité nationale indépendante des élections. Elles ont également été marquées par une vaste opération de filtrage des candidatures par l’instance de contrôle, qui a rejeté 3 174 dossiers, soit environ 30 % du total des candidatures déposées lors de la première phase.
Le processus a connu un durcissement dans l’application du code électoral, notamment avec l’article 200 de la loi organique, qui permet d’écarter les candidats impliqués ou soupçonnés de corruption ou d’influence illégitime. Cela a entraîné l’éviction de figures politiques présentes depuis des décennies sur la scène parlementaire, tout en ouvrant la voie à une augmentation du nombre de jeunes candidats et d’indépendants, ainsi qu’à l’émergence d’une nouvelle génération de compétences. Le principal défi reste toutefois de surmonter l’abstention électorale et de convaincre les citoyens de l’utilité de leur vote.
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