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L’Algérie perd l’un de ses grands savants

Décès du cheikh Si El Hadj Mohand Tayeb après un riche parcours scientifique, religieux et éducatif, qui en a fait une référence religieuse et culturelle majeure.

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Par: T.Zakaria

L’Algérie, et la wilaya de Tizi-Ouzou en particulier, ont perdu aujourd’hui, l’un de leurs éminents savants et prédicateurs avec le décès du cheikh Si El Hajj Mohand Tayeb, à l’âge de 92 ans, après un riche parcours scientifique, religieux et éducatif qui en a fait une référence majeure en Kabylie et dans l’ensemble du pays.

Né le 20 juin 1934 dans la commune d’Iferhounène (wilaya de Tizi Ouzou), le défunt a grandi dans un environnement conservateur, où il a appris dès son jeune âge le Coran dans les écoles coraniques traditionnelles. Il poursuit ensuite sa formation à la zaouïa de Thaghrest près de Sidi Aïch (Béjaïa), où il approfondit ses connaissances en langue arabe et en sciences islamiques.

En 1953, il rejoint l’Institut Ibn Badis à Constantine, mais la guerre de Libération nationale interrompt son parcours, le poussant à rejoindre le combat national. Arrêté en 1958 par les autorités coloniales françaises, il connaît la détention aux côtés de plusieurs compagnons de lutte.

Après l’indépendance, il reprend ses études et obtient en 1966 une licence en littérature arabe. Il intègre ensuite le secteur de l’Éducation nationale en tant qu’enseignant puis inspecteur, contribuant à la formation de plusieurs générations d’élèves et de cadres pédagogiques.

Le défunt est notamment reconnu comme le premier à avoir traduit l’intégralité des significations du Coran en langue amazighe. Un travail de recherche rigoureux, réalisé sur plusieurs années, qui a été validé et édité par le Complexe du roi Fahd pour l’impression du Saint Coran à Médine.

Cette traduction, également enregistrée en version audio, a constitué une œuvre scientifique majeure au service du patrimoine linguistique amazigh et de la diffusion des sciences islamiques.

Connu pour sa modestie, sa droiture et son attachement aux valeurs de juste milieu, le cheikh Si El Hajj Mohand Tayeb laisse derrière lui un héritage scientifique et moral important.

La dépouille sera inhumée demain au cimetière de Medouha à Tizi-Ouzou, après la prière funéraire à la mosquée Abi Yaala Al-zouaoui. Les condoléances seront reçues à son domicile situé à la nouvelle ville de Tizi Ouzou.

Avec sa disparition, l’Algérie perd une figure religieuse et intellectuelle marquante, dont l’œuvre restera une référence durable.