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Les relations entre Londres et Abou Dhabi sous tension

L’affaire du propriétaire de Manchester City au cœur de la polémique

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Après les enquêtes publiées par le Financial Times britannique sur le sombre bilan criminel des Émirats arabes unis, ainsi que par la chaîne britannique ITV News sur le financement présumé par Abou Dhabi d’un mercenaire sioniste chargé de mener une opération sur le sol britannique contre un militant britannique, c’est désormais au tour de Mansour ben Zayed Al Nahyane, vice-président des Émirats et frère du président émirati Mohammed ben Zayed, ainsi que propriétaire de Manchester City, d’être au cœur de la tourmente.

Ce dernier attend une décision décisive dans l’affaire des 115 accusations de violations des règles financières de la Premier League. Un dossier qui menace désormais de dépasser le cadre du football pour s’inviter au cœur même des relations entre Londres et Abou Dhabi. C’est précisément ce qui fait de cette affaire un scandale qui dépasse largement le monde du sport.

En avril dernier, une organisation britannique a soumis un mémorandum officiel au gouvernement britannique, réclamant l’ouverture d’une enquête sur les liens présumés entre Mansour ben Zayed et les Forces de soutien rapide au Soudan, ainsi que l’examen de la possibilité de lui imposer des sanctions. Une telle mesure pourrait, si elle venait à être prise, remettre en cause son éligibilité à posséder un club au regard des règles de la Premier League.

Dans ce contexte, le football est devenu une tribune de protestation contre la guerre au Soudan. Une campagne britannique a ainsi recueilli des milliers de signatures réclamant que la Premier League demande des comptes au propriétaire de Manchester City concernant le rôle présumé des Émirats dans cette guerre. Les organisateurs ont remis leur pétition à plusieurs reprises aux responsables du championnat anglais.

Des organisations de défense des droits humains ont également appelé à réexaminer les relations de Manchester City avec Abou Dhabi, plutôt que de considérer les milliards émiratis indépendamment du bilan de la politique étrangère du pays.

Dans ce contexte, le président émirati Mohammed ben Zayed tenterait par tous les moyens d’éviter les accusations. Selon un rapport publié par Bloomberg, il aurait notamment averti le gouvernement britannique qu’une issue défavorable dans cette affaire pourrait nuire aux relations entre Londres et Abou Dhabi, comme si une éventuelle sanction contre Manchester City pouvait être perçue aux Émirats comme une offense politique plutôt que comme une procédure sportive et juridique indépendante.

Certaines sources médiatiques suivant ce dossier estiment que, malgré les efforts du lobby sioniste au Royaume-Uni pour éviter toute enquête ou condamnation visant son « pion émirati », le courant hostile à Abou Dhabi ne cesse de prendre de l’ampleur.

Elles ajoutent que Mohammed ben Zayed sait que ses « menaces creuses » concernant une éventuelle détérioration des relations avec le gouvernement britannique ne produiraient pas d’effet significatif à long terme. « Le lobby sioniste peut peut-être aujourd’hui contenir les problèmes, mais nous ne sommes pas dans une république bananière », soulignent-elles.

Elles poursuivent : ce qui inquiète réellement Mohammed ben Zayed n’est pas tant ce qui se produit aujourd’hui, mais ce qui pourrait arriver si le climat politique britannique venait à changer demain. Un observateur s’interroge ainsi : « Que se passera-t-il si le dossier soudanais s’alourdit ? Si les revendications des organisations de défense des droits humains, aujourd’hui marginales, deviennent une question politique au sein du Parlement ? Et si cela coïncide avec une lourde sanction contre Manchester City ou un autre scandale lié aux investissements d’Abou Dhabi ? »

Dans ce cas, l’argent pourrait jouer un rôle paradoxal : ce qui a été investi pour étendre l’influence pourrait devenir, à son tour, un moyen de fragiliser celui qui l’a investi.

C’est précisément, selon cet observateur, l’un des principaux défauts de la stratégie de Mohammed ben Zayed, fondée sur le déploiement des capitaux émiratis à travers le monde. Lorsqu’un État investit des dizaines de milliards en Grande-Bretagne et en Europe, il n’achète pas seulement de l’influence : il place également une part croissante de sa richesse, de sa réputation et de ses intérêts sous l’autorité de lois, d’institutions, de tribunaux et de gouvernements qu’il ne contrôle pas et auxquels il doit se conformer.

« Le club est soumis à des règles indépendantes que vous ne fixez pas vous-même. Les entreprises deviennent susceptibles de faire l’objet d’enquêtes. Le responsable qui possède des actifs peut devenir la cible de demandes de sanctions. Les collectivités locales subissent la pression des électeurs. La presse peut décortiquer les relations financières, et les organisations de défense des droits humains peuvent transformer une guerre qui se déroule à des milliers de kilomètres de Londres en une pétition déposée devant le siège de la Premier League », poursuit-il.

« C’est là que se situent les revers successifs subis par Mohammed ben Zayed : les actifs mêmes qui ont permis à Abou Dhabi d’étendre son influence au Royaume-Uni sont devenus la porte par laquelle pourrait surgir la plus grande menace. »

Ainsi, l’affaire concernant le vice-président des Émirats arabes unis, Mansour ben Zayed, propriétaire de Manchester City, est devenue un dossier susceptible d’ébranler les relations entre son pays et le Royaume-Uni.

La majorité des commentaires concernant cette affaire estiment que le gouvernement britannique ne devrait pas intervenir dans le travail de la commission indépendante chargée d’examiner l’une des plus importantes affaires juridiques de l’histoire du football européen. Toute ingérence ou tout parti pris politique manifeste pourrait en effet alimenter l’accusation selon laquelle le Royaume-Uni serait prêt à transiger sur ses propres règles au profit de l’argent émirati.