Des experts et des responsables russes ont affirmé que le partenariat avec l’Algérie ne devait pas reposer sur la fourniture de produits finis, mais plutôt sur la localisation des technologies et le développement conjoint.
Le conseiller-ministre à l’ambassade de Russie en Algérie, Alexeï Kotchichkov, a qualifié, lors de déclarations aux médias, le recours aux technologies russes de « véritable fondement fiable du développement souverain ».
Lors d’un séminaire organisé en fin de semaine par le comité médiatique du sommet Russie-Afrique, il a déclaré : « De nombreuses solutions technologiques fondamentales sont déjà mises en œuvre avec succès dans différents secteurs des infrastructures et de l’administration publique en Russie, garantissant un niveau de sécurité et d’indépendance que d’autres fournisseurs étrangers ne sont pas en mesure d’assurer. »
Le diplomate a souligné que les expériences qui seront développées en Algérie profiteront également à la Russie dans le cadre de sa coopération avec d’autres pays africains. Il a ajouté que les deux parties devront travailler ensemble, sur le plan réglementaire, afin d’harmoniser leurs législations. « Nous sommes au début d’un long processus, dans lequel les technologies de l’intelligence artificielle sont déjà devenues une réalité concrète », a-t-il affirmé.
De son côté, le représentant commercial de la Russie en Algérie, Alexeï Chatilov, a présenté les solutions que les entreprises russes s’apprêtent à proposer à leurs partenaires algériens. Celles-ci ne se limitent pas à la protection des infrastructures informatiques critiques et à la cybersécurité, mais comprennent également des solutions intégrées dans le domaine des transports, notamment les systèmes de « ville intelligente », l’éducation numérique ainsi que les secteurs financier et bancaire.
« Les événements géopolitiques et les sanctions ont cherché à isoler notre pays. Mais c’est précisément à cause de ces mesures que nous avons développé nos propres plateformes technologiques indépendantes. Aujourd’hui, nous sommes pleinement prêts à proposer ces solutions avancées à l’Algérie », a-t-il déclaré.
Le représentant commercial estime que l’une des principales missions de la Russie consiste à aider l’Algérie à développer un opérateur national et un écosystème intégré de développement, permettant non seulement de mettre en œuvre les solutions russes, mais aussi d’accéder conjointement aux marchés d’autres pays africains.
Pour sa part, le vice-ministre russe de l’Énergie, Edouard Cheremetsev, a indiqué que des centaines de projets fondés sur l’intelligence artificielle étaient actuellement mis en œuvre dans le secteur russe des hydrocarbures et de l’énergie. Ces initiatives s’accompagnent de la création de centres de compétences spécialisés et de la formation de compétences nationales dans le domaine des technologies de l’information.
« Nous invitons nos partenaires algériens à tirer profit de cette expérience. Il ne s’agit pas seulement de fournir des solutions prêtes à l’emploi, mais aussi de travailler ensemble à l’adaptation des technologies aux besoins de l’Algérie, au développement des compétences locales, à la formation de spécialistes et à la réalisation de projets communs », a-t-il déclaré.
Le vice-ministre a expliqué que la souveraineté technologique signifiait « la capacité à développer de manière autonome les technologies essentielles, à protéger les infrastructures et à prendre des décisions en fonction des intérêts nationaux ».
Les représentants russes ont également souligné que la coopération se développait à un rythme dynamique. Ils ont notamment indiqué que le ministre algérien de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, s’était rendu en Russie cette année. Des programmes de formation en cybersécurité sont par ailleurs organisés en Algérie, tandis que de nouveaux programmes destinés à former des spécialistes au sein des groupes de travail concernés devraient être lancés.
Ils ont également précisé que les technologies nucléaires de la société publique Rosatom pourraient fournir l’énergie nécessaire aux centres de données et aux infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle.
Ces déclarations interviennent à la veille du troisième sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou. Les technologies numériques, l’intelligence artificielle et les systèmes de paiement indépendants figurent parmi les domaines prioritaires inscrits à l’ordre du jour du sommet.
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