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Petković : une séparation qui va coûter cher

Alors que la FAF n'a toujours pas bouclé le dossier des indemnités liées à la résiliation du contrat de Djamel Belmadi

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L'ère de Vladimir Petković à la tête de la sélection algérienne a définitivement pris fin. Mais le départ du technicien suisse ne se fera pas sans un coût important.

Son limogeage du poste de sélectionneur national entraînera pour la Fédération algérienne de football (FAF) une facture conséquente, qui viendra s'ajouter aux engagements financiers déjà lourds supportés par l'instance à la suite de plusieurs décisions controversées.

Petković, qui avait déjà mené un long bras de fer judiciaire avec le club français des Girondins de Bordeaux après son licenciement en février 2022, réclamant 15 millions d'euros d'indemnités – une affaire que certains ont associée à la crise sportive et financière ayant conduit à la chute du club –, ne quittera pas la sélection algérienne sans percevoir l'intégralité des droits prévus par son contrat.

Selon des informations concordantes, le sélectionneur suisse bénéficiera de la clause de résiliation lui garantissant une indemnité équivalente à trois mois de salaire. Toutefois, cette indemnisation ne sera pas calculée sur la base de sa rémunération initiale de 135 000 euros mensuels, mais sur son nouveau salaire de 160 000 euros par mois, décidé par le président de la FAF, Walid Sadi, après avoir prolongé son contrat jusqu'au 31 juillet 2028, peu avant le déplacement des Verts à la Coupe du monde 2026, aux États-Unis.

L'indemnité de départ atteindra ainsi 480 000 euros, alors que certaines estimations l'évaluaient auparavant à 405 000 euros, partant du principe que le premier contrat arrivait à échéance à la fin du mois de juillet et que la revalorisation salariale ne devait prendre effet qu'à compter du 1er août.

Des sources proches du dossier affirment toutefois que le nouveau contrat est entré en vigueur dès sa signature, au début du mois de juin, ce qui implique que l'indemnité soit calculée sur la base de la nouvelle rémunération.

La facture ne s'arrête pas là. Petković devrait également percevoir le solde de ses indemnités de mission liées à la participation des Verts au Mondial, un déplacement qui s'est étalé sur plus d'un mois, ainsi que diverses primes et autres avantages, portant le montant total à bien plus d'un demi-million d'euros.

Mais le coût réel du « revirement » de la FAF à l'égard de Petković pourrait être encore plus élevé. La résiliation de son contrat entraînera automatiquement celle des contrats des membres de son staff technique, dont les engagements avaient eux aussi été prolongés jusqu'en 2028 avec une revalorisation salariale. Sont concernés son adjoint Davide Morandi, le préparateur physique Paolo Rongoni et l'entraîneur des gardiens Guido Nanni, ce qui représentera une charge financière supplémentaire pour la Fédération.

Ces dépenses interviennent alors que la FAF continue de supporter les conséquences financières de la rupture du contrat de l'ancien sélectionneur Djamel Belmadi. À la suite de son licenciement unilatéral après l'élimination dès le premier tour de la Coupe d'Afrique des nations en Côte d'Ivoire, Walid Sadi lui avait accordé une indemnité équivalente à trois mois de salaire, soit plus de 630 000 euros. Si Belmadi n'a pas encore réclamé cette somme, elle demeure inscrite comme une dette à la charge de la Fédération.

Depuis sa prise de fonctions en mars 2024, Vladimir Petković a perçu, au titre de son premier contrat (135 000 euros par mois), un total de 3,645 millions d'euros de salaires jusqu'à fin mai 2026. À cette somme s'ajoutent une prime de 500 000 euros pour la qualification à la Coupe du monde 2026, une prime de 50 000 euros pour la qualification à la Coupe d'Afrique des nations au Maroc, ainsi que des primes de 40 000 euros pour la qualification en huitièmes de finale et de 50 000 euros pour l'accession aux quarts de finale de la CAN 2026. Sans compter les indemnités de mission, les frais de déplacement et les autres avantages, les revenus totaux que Petković pourrait tirer de son passage à la tête des Verts, indemnité de rupture comprise, avoisineraient les 5 millions d'euros, pour un bilan sportif marqué par une élimination en quarts de finale de la CAN et dès le premier tour du Mondial 2026, sur fond de prestations jugées décevantes.

Au final, la fin de l'aventure de Vladimir Petković ne constitue pas seulement une décision sportive dictée par la désillusion du Mondial et la colère des supporters. Elle représente également une lourde charge financière pour la FAF, qui ouvre ainsi un nouveau dossier d'indemnités et s'expose à de nouvelles critiques visant son président, Walid Sadi.