La question n'est plus de savoir, dans un contexte qui illustre la crise existentielle du système de justice internationale, si l'entité sioniste commet un génocide à Gaza, mais combien de rapports des Nations unies l'Occident choisira encore d'ignorer. Avec la publication, le 23 juin 2026, du rapport de la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations unies, qui documente les violations systématiques commises contre les enfants palestiniens, le système onusien apporte une nouvelle preuve accablante qui vient s'ajouter à une série de rapports parvenant à la même conclusion : un génocide est en train d'être perpétré sous les yeux du monde. Ce déni systématique de la part de l'Occident ne traduit pas seulement une faillite morale ; il reflète aussi une stratégie qui, selon l'auteur, risque de saper les fondements de l'ordre international que l'Occident a lui-même contribué à bâtir et révèle une fracture profonde entre le « monde politique occidental » et le reste de la communauté internationale.
Les éléments attestant d'un génocide à Gaza ne relèvent plus, selon l'auteur, de simples accusations émanant de parties jugées partisanes ; ils feraient désormais l'objet d'un consensus au sein même des instances des Nations unies. Depuis octobre 2023, les rapports se sont multipliés, notamment celui de la Commission d'enquête publié en septembre 2025, celui de la rapporteuse spéciale Francesca Albanese en octobre 2025, ainsi que le rapport de juin 2026 consacré aux enfants. Ces documents ne décrivent pas une simple « crise humanitaire », mais concluent, selon leurs auteurs, à la réunion des éléments constitutifs du crime de génocide, en évoquant une intention préalable exprimée par des dirigeants sionistes, des homicides systématiques, des destructions généralisées et le recours à la famine comme arme de guerre.
Malgré ce consensus au sein des mécanismes onusiens évoqué par l'auteur, les pays occidentaux persisteraient dans une politique de déni. Celle-ci ne se limiterait plus au silence, mais se traduirait par une volonté d'éviter le terme même de « génocide », remplacé par des expressions telles que « préoccupations » face aux « souffrances des civils », sans désigner explicitement le responsable. Selon l'auteur, cette attitude ne constituerait pas seulement une défaillance morale, mais fournirait également une couverture politique aux gouvernements qui continuent de soutenir l'entité sioniste, notamment par des livraisons d'armements. Reconnaître le génocide reviendrait, selon cette analyse, à reconnaître une forme de complicité, perspective que ces capitales chercheraient à éviter.
Une géopolitique inversée, ou comment l'Occident détruit son propre prestige
D'un point de vue géostratégique, la position occidentale sur Gaza constituerait, selon l'auteur, une erreur stratégique majeure. En pensant défendre ses intérêts à travers son soutien à Israël au nom du « droit à la légitime défense », l'Occident compromettrait en réalité son capital moral et son pouvoir d'influence. L'ancien haut représentant de l'Union européenne, Josep Borrell, a d'ailleurs mis en garde contre le « deux poids, deux mesures » perçu à travers les différences de traitement entre les situations en Ukraine et en Palestine. Pour l'auteur, cette perception est devenue, aux yeux des pays du Sud global, la preuve que les « valeurs » revendiquées par l'Occident servent avant tout des objectifs de domination.
Toujours selon cette analyse, la volonté des États occidentaux de protéger Israël de toute mise en cause, allant jusqu'à critiquer ou sanctionner des responsables de la Cour pénale internationale, fragilise les principes mêmes du droit international élaborés après la Seconde Guerre mondiale afin de prévenir les crimes de génocide. Cette évolution risquerait d'éroder durablement la confiance dans le système international des droits humains soutenu par Washington et ses alliés. En vidant de leur substance des notions telles que les « droits de l'homme » ou la « justice internationale », l'Occident affaiblirait l'un de ses principaux instruments d'influence et ouvrirait la voie à l'émergence de systèmes de valeurs concurrents.
De Gaza au reste du monde : l'impunité comme facteur de déstabilisation internationale
Selon l'auteur, le rejet par les pays occidentaux des rapports sur Gaza ne menace pas uniquement les Palestiniens ; il alimente également une dynamique de désordre mondial. Lorsqu'un crime d'une telle ampleur demeure impuni, le message adressé aux dirigeants autoritaires et aux criminels de guerre serait qu'il est possible d'agir sans crainte de poursuites à condition de bénéficier d'un soutien politique. Une telle évolution contribuerait, selon cette analyse, à banaliser les crimes de masse et à rendre le monde plus instable et plus violent.
L'auteur estime également que la différence de traitement entre deux ministres sionistes d'extrême droite, Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, d'une part, et le gouvernement sioniste ainsi que son armée, d'autre part, traduit une stratégie consistant à sanctionner les marges tout en préservant le centre du pouvoir. Une approche perçue dans la région comme la preuve que toutes les vies ne bénéficient pas de la même considération, ce qui, selon lui, nourrit les discours extrémistes que les pays occidentaux affirment pourtant combattre. Les bombes larguées sur Gaza avec des armes occidentales, écrit-il, ne détruisent pas seulement des vies humaines ; elles sapent également la crédibilité de tout futur discours occidental sur le droit international et l'ordre international fondé sur des règles.
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