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Quand le « tapage » devient une fonction…

Le lobby sioniste mobilisé à la « rescousse » du fugitif Ayoub Aïssiou.

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Une nouvelle fois, Boualem Sansal revient sur le devant de la scène par le biais de la France, cette fois pour intervenir dans l’affaire de l’homme d’affaires algérien en fuite, Ayoub Aïssio, arrêté en Espagne sur la base d’un mandat d’arrêt et d’une demande d’extradition émis par les autorités algériennes.

Sansal figure parmi les signataires d’une lettre ouverte publiée en France le 21 août et adressée au président français Emmanuel Macron ainsi qu’au chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez. Les signataires demandent une intervention afin d’empêcher l’extradition d’Aissiou vers l’Algérie et d’obtenir sa libération.

Le secret n’en est plus un

Avant de revenir sur la démarche de Sansal et des autres signataires, certains éléments méritent d’être soulignés.

Selon les informations avancées dans ce dossier, Ayoub Aïssiou, arrêté en Espagne après son arrivée du Maroc, entretiendrait des relations étroites avec le Makhzen et Israël. Il aurait également effectué plusieurs séjours en Israël.

La lettre ouverte est signée par plusieurs personnalités françaises présentées comme issues des milieux intellectuels, culturels et politiques, parmi lesquelles le philosophe Daniel Salvatore Schiffer, Bernard Kouchner, Pascal Bruckner, Arno Klarsfeld et Éric Naulleau, aux côtés de Sansal et d’autres signataires.

« Si l’on connaît la raison, tout devient clair »

S’agissant d’Ayoub Aïssiou, et dans le respect du principe de confidentialité des enquêtes ainsi que de la procédure judiciaire en cours en Algérie, plusieurs éléments sont néanmoins évoqués dans le dossier, notamment des accusations liées au blanchiment d’argent.

Une affaire de blanchiment d’argent et de financement de l’immigration clandestine avait notamment été démantelée à Marseille. Les services français auraient découvert deux millions d’euros en liquide chez l’un de ses proches collaborateurs, lui aussi recherché par la justice algérienne.

Après son départ d’Algérie vers la France, le 3 avril 2019, Aïssiou aurait développé un important réseau d’influence en France et en Suisse, avec des connexions allant de certains réseaux criminels aux milieux pro-israéliens, ainsi qu’à des personnes présentées comme proches du Makhzen marocain.

Il aurait commencé à se rendre régulièrement au Maroc à partir de 2014, avec une accélération de ses déplacements à partir de 2019.

Des séjours en Israël

En 2022, Ayoub Aïssiou aurait effectué son premier voyage en Israël. Selon ses proches, il s’y serait rendu à au moins trois reprises depuis cette date.

Un autre intermédiaire, Mohamed Sifaoui, aurait contribué à le mettre en relation avec des personnes présentées comme liées à la Direction générale de la sécurité extérieure française (DGSE). Il serait en contact avec Aïssio depuis 2023.

Pourquoi solliciter Emmanuel Macron ?

L’élément le plus marquant de cette démarche n’est pas seulement le soutien apporté à Aïssiou, mais surtout le choix des interlocuteurs : Emmanuel Macron et Pedro Sánchez.

Sur le plan judiciaire, l’affaire concerne un homme arrêté sur le territoire espagnol à la suite d’une demande formulée par les autorités algériennes. C’est donc, en principe, à la justice espagnole de statuer sur la demande d’extradition conformément aux procédures en vigueur.

Aïssiou est placé en détention provisoire en Espagne depuis le 25 juillet, tandis que les autorités judiciaires espagnoles examinent toujours la demande algérienne.

Dès lors, pourquoi impliquer l’Élysée dans une affaire judiciaire entre l’Algérie et l’Espagne ?

La lettre ouverte demande précisément à Macron et à Sánchez d’intervenir pour empêcher l’extradition, ce qui tend à déplacer l’affaire vers une dimension politique plus large, au lieu de la laisser dans son cadre strictement judiciaire.

Pourquoi Macron ?

C’est probablement le point qui mérite le plus d’attention. Sansal connaît la portée politique d’une intervention du président français dans un dossier lié à l’Algérie. Son propre cas avait déjà constitué l’un des principaux sujets de tension entre Alger et Paris et suscité de nombreuses interventions politiques et médiatiques en France.

Le voilà désormais de nouveau au centre d’une affaire algérienne, mais cette fois en signant un appel demandant au président français d’intervenir dans un dossier concernant un ressortissant algérien arrêté en Espagne et recherché par la justice algérienne.

Une démarche qui peut être interprétée comme une tentative de reproduire le même schéma : chaque fois qu’un dossier sensible oppose l’Algérie à un pays européen, Paris et la présidence française deviennent le point de convergence des appels à l’intervention.