Le communiqué officiel publié jeudi soir par l’Espérance Sportive de Tunis concernant l’activation du contrat de Youcef Belaïli soulève de nombreuses interrogations sur les événements des derniers jours. L’annonce du club tunisien est intervenue quelques heures seulement après que les responsables du MC Alger eurent affirmé que le joueur rejoindrait l’équipe dès que le Tribunal arbitral du sport (TAS) aurait levé la sanction dont il faisait l’objet.
Le porte-parole du MC Alger, Djamel Benlamri, avait notamment déclaré, avant le départ de la délégation du club pour Doha, que le retour de Belaïli au Mouloudia était réglé depuis quelque temps et qu’il serait officialisé dès la décision du TAS. Des déclarations similaires avaient déjà été faites auparavant, tandis qu’un communiqué officiel du club avait affirmé que le joueur était parvenu à un accord définitif et global avec le président Hakim Hadj Redjem, et que son retour n’était plus qu’une question de temps.
Mais le communiqué de l’Espérance a complètement changé la donne. Le club tunisien y annonçait la levée de la sanction infligée à son joueur et, par conséquent, l’activation du contrat qu’il avait précédemment signé avec le club, le rendant ainsi qualifié pour rejoindre l’équipe et défendre les couleurs de l’Espérance.
Cette annonce a placé la direction du MC Alger dans une situation embarrassante vis-à-vis de ses supporters, alors qu’elle fait déjà face à des critiques concernant le recrutement effectué durant ce mercato.
Mais que s’est-il réellement passé ?
Selon des informations obtenues auprès d’une source au fait du dossier, Youcef Belaïli, apparu récemment dans une vidéo célébrant avec sa famille la décision du TAS levant sa suspension, avait négocié avec la direction du MC Alger au cours des dernières semaines.
Le joueur avait initialement exigé un contrat de trois saisons, avant d’accepter finalement un engagement de deux ans. Au cours des négociations, auxquelles avait participé le porte-parole Djamel Benlamri, les discussions avaient été marquées par plusieurs désaccords. Belaïli, qui faisait état d’un besoin urgent de liquidités, avait notamment demandé une avance de 4 milliards de centimes, une exigence refusée par le président Hakim Hadj Redjem.
Les deux parties étaient néanmoins parvenues à un compromis : un contrat de deux ans avait été signé, avec une entrée en vigueur et un enregistrement conditionnés à la décision du TAS levant la sanction, ainsi qu’à la visite médicale du joueur et à la confirmation de son rétablissement après la grave blessure au genou subie le 9 novembre dernier.
D’après les mêmes sources, le contrat aurait effectivement été signé selon ces modalités. Mais la situation aurait ensuite évolué. Alors que Belaïli cherchait à obtenir rapidement des liquidités, il aurait décidé de revenir sur cet accord et se serait rendu en Tunisie avec son père et son agent, Hafid Belaïli, afin d’ouvrir des négociations avec la direction de l’Espérance.
Le club tunisien aurait profité de la situation financière du joueur en lui proposant un contrat reposant sur le même principe : celui-ci ne deviendrait effectif qu’après la levée de la sanction. Mais contrairement à l’offre du MC Alger, l’engagement ne portait que sur une saison. La différence décisive se situait toutefois sur le plan financier : l’Espérance aurait accepté de régler immédiatement les arriérés dus au joueur depuis la saison précédente après la signature du contrat, ce qui aurait finalement fait pencher la balance en sa faveur.
Après la décision du TAS levant la sanction, la direction de l’Espérance n’a pas tardé à activer le contrat et à enregistrer officiellement le joueur dans son effectif, afin d’éviter tout éventuel revirement.
La direction du MC Alger a ainsi donné l’impression, aux yeux de l’opinion publique, d’avoir été victime d’une manœuvre. Toutefois, les éléments recueillis par nos sources suggèrent que le club algérois ne présentait pas un accord fictif : c’est plutôt le joueur qui aurait changé de destination à la dernière minute après avoir trouvé une proposition financière davantage adaptée à sa situation.
La direction du MC Alger pourrait publier, dans les prochaines heures ou les prochains jours, un nouveau communiqué pour détailler les circonstances de cette affaire, d’autant qu’elle affirme détenir un contrat signé par le joueur. Cela pourrait ouvrir la voie à d’éventuelles démarches juridiques si elle estime que Belaïli a manqué à ses obligations contractuelles.
Reste une autre question, tout aussi importante : Youcef Belaïli sera-t-il capable de retrouver son meilleur niveau ? À 34 ans, le joueur est éloigné de la compétition depuis plus de huit mois en raison d’une grave blessure au genou. Cette période a notamment été marquée par une intervention chirurgicale fin novembre dernier, suivie d’une phase de soins et de rééducation qui n’aurait pas été optimale sur les plans médical et physique, selon nos sources.
Son retour à son meilleur niveau sera donc particulièrement scruté, quel que soit le club dont il portera les couleurs.
Le dossier reste ainsi ouvert à toutes les hypothèses, aussi bien sur le plan juridique entre le joueur et le MC Alger que sur le plan sportif, alors que le retour de l’un des joueurs les plus emblématiques du football algérien sera suivi de très près.
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